Belgique

Le synode des évêques sur l’Amazonie qui se tiendra au Vatican du 6 au 27 octobre prochain concernera indirectement, au-delà de cette étendue boisée de 5,3 millions de kilomètres carrés, l’ensemble de l’Église.

Cette réunion internationale qui rassemblera des évêques de l’Amazonie aura pour thème l’avenir de l’Église locale, de son organisation, et de ce qu’elle peut apporter à cette région.

Le document de travail qui servira de base aux discussions et qui fut présenté lundi s’articule autour de trois grandes parties. La première dresse le portrait de cette région, qualifiée de “beauté blessée”, et s’inquiète de la pollution, des inégalités et de l’exploitation sociales qui la frappe.

La deuxième se veut une réponse au constat initial. Le document y avance la notion d’écologie intégrale – développée par le pape François – qui place l’homme et sa dignité au cœur de la conversion sociale et écologique. À ce titre, le Vatican note que les peuples indigènes ont beaucoup à enseigner.

L'ordination d'hommes mariés

C’est cependant les travaux autour de la troisième partie qui seront les plus médiatisés. Les évêques seront amenés à réfléchir à l’avenir de l’Église dans une région où des populations isolées n’ont pas accès à un prêtre, et donc aux sacrements. Ainsi, le document publié lundi confirme que les évêques discuteront de l’ordination sacerdotale d’hommes mariés. “Considérant que le célibat est un don pour l’Église, nous demandons que, pour les zones les plus reculées de la région, la possibilité d’ordination sacerdotale d’anciens, de préférence autochtones, respectés et acceptés par leur communauté, soit étudiée, même s’ils ont déjà famille établie et stable, afin de garantir les sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne.

Il est encore trop tôt pour savoir quelles seront les conclusions du synode, et si ces dernières pourraient être appliquées au fil du temps à d’autres régions. On sait que François est prudent devant cette question, alors que des conférences épiscopales, en Belgique ou en Allemagne par exemple, sont désireuses de voir le débat mis sur la table.

Il reste que l’Amazonie se présente pour le pape lui-même comme un laboratoire du monde, et que la manière dont les évêques aborderont cette question de l’ordination des hommes mariés, comme celles relatives à l’adaptation de l’Église aux différentes cultures dans lesquelles elle évolue, ainsi que de la place accordée aux femmes, permettra de discerner ce que pourrait devenir l’Église demain.