Dans le Brabant wallon, l’apparentement avec la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde anime souvent les soirées électorales. Ce système complexe de répartition des sièges permet que les listes puissent additionner les voix qu’elles ont recueillies dans les circonscriptions de BHV et du BW. Dans ce cadre, le PP a pu bénéficier des voix non utilisées à BHV pour obtenir, avec 5,05 %, le 5e siège brabançon, privant ainsi le CDH de son représentant. "On a un sentiment de déception. Quand on a un objectif, on a envie de l’atteindre, dit Sylvie Roberti, tête de liste CDH. Il y a aussi de l’incompréhension. Beaucoup de personnes nous demandent pourquoi l’on a près de 13% et pas de siège." Le parti qui salue le " bon score" de la liste et de sa tête, avait parié sur la jeunesse et la nouveauté avec Sylvie Roberti, et sur la "transparence" en plaçant André Antoine à une place non éligible. "Tout le monde s'est battu, c’est une défaite collective, je relevais ce défi au nom du CDH et tout est assumé en équipe." Sylvie Roberti, qui disait hier ignorer si elle se représenterait à des élections, "aurait bien voulu apporter le siège". "Mais j’ai donné tout ce que je pouvais, en 4 semaines. Je n’étais pas connue politiquement, et je fais un score personnel pas inintéressant (7 875)." Elle attribue la baisse du score (- 0,97 %) notamment aux délais serrés. "Il fallait de toute façon un changement en BW. Si les élections avaient eu lieu en 2011, on aurait avancé dans cette reconstruction en douceur, pour aller crescendo. Là, il y a au un amorçage, mais on a manqué de temps." De son côté, l’élu PP Laurent Louis, ancien MR, avoue que le siège "en BW, c’est une surprise. Le BW, c’est une terre acquise au MR., et justement, ce n’était pas évident d’aller chercher ce siège. Mais on ne déforce pas la droite, le MR garde ses deux sièges. La droite est plus forte que jamais en Brabant wallon". Pour Laurent Louis, "on ne doit ce siège à personne. On a travaillé pour cela. La loi est ce qu’elle est. Nous n’avons pas inventé l’apparentement, et d’autres en ont profité avant nous... Cette fois-ci, c’est nous, et on ne va pas se gêner !" Le Parti populaire estime avoir été cherché des électeurs au MR, "mais le MR l’a cherché seul, en se positionnant vers le centre, un recentrage purement électoraliste."

Pour Charles Michel, avant M. Louis et ses 1 345 voix, il n’y avait jamais eu en BW un député élu avec "si peu de légitimité". En ce qui concerne les 35, 79 % du MR en BW (-9 %), "je ne parle pas d’une défaite, lorsqu’on est encore le 1er parti de la province, avec 13 % d’avance. Mais je suis lucide, c’est un sérieux recul. Aux régionales (36, 6 %), le PP n’était pas là. Et le PP a fait beaucoup de tort au MR". La tête de liste estime que dans le contexte "mauvais, négatif" pour le MR, le parti en BW a "plutôt bien résisté". Les deux sièges, maintenus, vont à M. Michel et Valérie De Bue. Le PS est quant à lui le grand vainqueur. André Flahaut, qui maintient son siège et qui n’exclurait pas un poste de ministre, attribue ces 22, 48 % (+4,2 %) au fait que le parti est apparu comme "rassurant", et "plus stable" aux électeurs, notamment libéraux. Certains ont pu être aussi selon lui, détournés du MR, à cause de la gestion du pari au niveau communal. Il évoque aussi le "contact direct" avec les électeurs via les opérations "Allo Flahaut" dont "certains se sont gaussés". "J’ai fait 15 000 voix en 2009, et 19 000 en 2010, il y a donc là quelque chose qui s’est produit." La liste alliait aussi "expérience et jeunesse", ce qui "garantit une transition en douceur".

Du côté d’Ecolo, on analysera notamment si des électeurs verts ont rejoint le PS pour ce scrutin. Si Thérèse Snoy conserve son siège, le parti obtient 16, 33 %, soit bien moins qu’en 2009 (23, 5 %) mais 0,47 % de plus qu’en 2007. "Nous faisons un très bon score, mais pas le score champion de 2009 ! La campagne 2009 ne portait pas sur les mêmes enjeux. Ici elle portait sur des enjeux institutionnels, ce n'est pas notre core-business, même si nous avions une posture intéressante, du fait de notre collaboration avec Groen." Mais Thérèse Snoy se réjouit de "la stabilité" d’Ecolo, qui n’est plus un "parti yoyo".