Un exercice militaire d'une ampleur exceptionnelle est en cours depuis lundi dans notre pays. Baptisée "Quick Response", cette opération mobilise près de 9 000 soldats et traversera tout le pays durant 10 jours, jusqu'au 28 septembre. Le scénario de cet exercice grandeur nature met en présence les troupes de "Insuland" débarquant, avec un mandat des Nations unies dans "Coraland", un état déstabilisé qu'il leur appartiendra de sécuriser, en prenant garde aux forces de résistance locale de l'OTPOR, hostiles à leur présence. Tous les protagonistes sont joués par l'ensemble des composantes de l'armée belge mais aussi par des troupes étrangères puisque des soldats français, autrichiens, allemands, néerlandais et luxembourgeois ont été invités à participer à l'opération.

Climat imprévisible...

Dès lundi, la phase d'entrée en Coraland pouvait débuter en force avec la prise d'assaut, devant la presse, de l'aéroport de Coxyde par 120 paracommandos du 2e régiment de Flawinne. Nos troupes d'élites se sont malheureusement avérées bien plus préparées à affronter les pires éléments de la résistance de Coraland que le plus redoutable de l'environnement belge : le temps ! Le saut en parachute initialement prévu a en effet dû être annulé pour cause de trop fortes rafales de vent ! Rebelote le lendemain. La deuxième phase de l'invasion devait se concrétiser avec le débarquement sur les plages de Zeebrugge du gros des troupes d'infanterie. Ici encore, le temps est venu gâcher la partie. La mer étant trop agitée pour permettre le débarquement en toute sécurité sur les plages, les barges ont préféré accoster sur le quai en béton de la base militaire quelques kilomètres plus loin. Dans les prochains jours, les soldats progresseront autour de deux couloirs à l'intérieur du pays. L'un, passant par Anvers et Liège vers le camp militaire d'Elsenborn, l'autre par le sud vers les Ardennes, jusqu'à la sécurisation complète de Coraland. Deux chars-ponts seront utilisés pour franchir la Meuse et le canal Albert. Divers incidents, comme la chute d'un avion sur le port de Gand, seront simulés au fur et à mesure de la progression. Cet exercice, d'une ampleur jamais atteinte dans notre pays, vise à appliquer les nouveaux concepts de guerre auquel notre armée est désormais confrontée, nous explique le Général Pochet, responsable des opérations. Le scénario d'intervention dans un milieu semi-hostile correspond très bien au type de terrains sur lesquels notre armée est amenée à se déployer. "Quand je vois cet exercice, je ne peux m'empêcher de songer au Liban, qui attend nos soldats dans les prochains jours", ajoute le Général.

Comme ceux de Zeebrugge, qui se pressaient mardi aux grilles de la base pour apercevoir les manoeuvres qui s'y déroulaient, il sera possible aux riverains durant les 10 prochains jours d'observer de nombreuses phases de l'exercice, qui se déroulera en grande partie sur des voies publiques.

(st.)

© La Libre Belgique 2006