La démarche est inhabituelle mais augure peut-être un début de changement dans les esprits de la hiérarchie catholique, pour l’heure principalement flamande Jeudi après-midi, en marge de la Conférence épiscopale mensuelle, les promoteurs du manifeste "Gelovigen nemen het woord" qui a réuni plus de 8 200 signatures - dont pratiquement un prêtre ou un responsable de paroisse sur dix comme le soulignait l’hebdomadaire "Tertio" cette semaine - ont été reçus par les évêques du nord du pays, en ce inclus l’archevêque Léonard, mais en l’absence de Mgr Bonny qui participait encore au symposium romain sur la pédophilie.

Pour rappel, ce manifeste rédigé à l’initiative du Werkgroep kerkenwerk a été largement diffusé en Flandre afin de demander quelques réformes indispensables, dans l’espoir de mettre fin à l’impasse dans laquelle l’Eglise s’est empêtrée. Les catholiques de base qui ont mis sur les rails cet appel à plus de démocratie dans l’Eglise ont été reçus au palais archiépiscopal de Malines. Et dans la foulée, les évêques ont fait connaître leur point de vue à son sujet. Ils disent avoir "pris attentivement connaissance du Manifeste" et que "le désir de changement qui émane du texte ne (les) laisse pas insensibles". En effet, poursuivent-ils, "nous sommes, nous aussi, à la recherche de renouvellement et d’une plus grande authenti cité, fidèles aux Ecritures et à la T radition de l’Eglise. La situation présente de l’Eglise n’est pas confortable. On attend beaucoup des responsables pastoraux de l’Eglise. Nous n’avons plus la position sociale ni l’impact que nous avions antérieurement. Nous faisons beaucoup d’efforts pour rejoindre le mieux possible l’Evangile et la vie des gens. Mais ce n’est pas simple dans un contexte social où la sécularisation prend de l’ampleur". Et de se demander comment annoncer l’Evangile de manière à toucher le cœur de l’homme d’aujourd’hui. "Cette question nous habite", poursuivent les évêques. "Les réformes de structures ou les adaptations n’y changeront rien. Et pourtant, elles peuvent nous aider. Mais nous comprenons aussi que la progressivité des réformes puisse mettre notre patience à l’épreuve. Les évolutions dans notre société sont tellement fondamentales qu’elles demandent du discernement pour les orientations futures." Pour les évêques, le Manifeste est aussi une occasion de clarifier leur position. "Certains éléments comme les liturgies dominicales de la Parole dépendent des évêques et elles font actuellement l’objet de concertation. D’autres, comme les ministères dans l’Eglise ou le sacerdoce, sont du niveau de l’Eglise universelle. Pour les questions qui touchent à la vie personnelle des gens, nous plaidons pour une attitude pastorale et pleinement respectueuse. Même si tous les états de vie dans l’Eglise ne sont pas équivalents, aucune personne ne peut être dévalorisée, parce que toute personne est toujours plus que la somme de ses actes et que sa situation de vie"