L’évêque d’Anvers persiste et signe… Mgr Bonny avait déjà frappé les esprits catholiques (et les autres aussi d’ailleurs…) par une lettre/plaidoyer faisant montre d’une grande ouverture aux nouvelles réalités sociétales à la veille de l’ouverture à Rome de la première partie du synode sur la famille. Voilà qu’il remet le couvert en plaidant dans une interview accordée au "Morgen" de ce week-end pour une plus grande reconnaissance par son institution des couples non traditionnels, à savoir les couples homosexuels ou encore bi-sexuels.

Précision liminaire importante, ne fût-ce que pour rencontrer les critiques de certains sites proches de l’intégrisme qui ne sont pas loin de mettre l’évêque sur le bûcher : pas question d’aller à ce stade jusqu’à l’octroi du sacrement du mariage et donc d’une mise sur pied d’égalité complète, mais il est plus qu’urgent selon l’évêque que l’Eglise reconnaisse ces autres formes de vie commune qui "reposent aussi sur des liaisons durables marquées du sceau de la fidélité et d’un grand attachement réciproques".

Diverses formules sont possibles

Pour Johan Bonny, "la relation classique conservera bien évidemment son caractère sacramentel et liturgique mais cette particularité ne doit pas être exclusive et elle n’exclut du reste pas elle-même qu’il puisse y avoir une diversité de relations dont l’Eglise peut reconnaître les qualités intrinsèques". Et de rappeler que ce genre de débats entoure aussi le mariage civil : "En Belgique, on a érigé un même modèle pour les relations hommes-femmes et les relations homosexuelles mais il existe encore d’autres solutions qui selon moi sont tout aussi valables. Il n’est peut-être pas nécessaire de placer toutes les formes relationnelles dans un seul modèle."

Si Johan Bonny avait déjà plaidé dans sa lettre au synode pour un plus grand respect de l’Eglise à l’égard des personnes homosexuelles, les couples divorcés et les tenants de relations modernes, c’est parce que le moment est venu d’intégrer ces réalités nouvelles qui émergent de plus en plus aussi dans les milieux catholiques. Pour l’évêque, l’Eglise ne peut plus ignorer les traumatismes de trop de ses ouailles et continuer à les ignorer un peu trop hypocritement.

Entendez : le pontificat de François est une belle opportunité ici car le Pape a, en toute simplicité, ouvert lui-même le débat. A ses yeux, il faut cesser de stigmatiser celles et ceux qui ont d’autres orientations sexuelles et faire montre en toutes circonstances de miséricorde.

Nullement un discours électoral…

Comme le souligne encore Mgr Bonny, "le Pape a rapproché le magistère de l’Eglise des réalités actuelles et a créé un plus grand espace pour la diversité et pour le débat"… Et de se référer à son Exhortation sur "la Joie de l’Evangile" qui, on le lira ci-dessous, est aussi une belle référence pour Mgr Léonard…

Cela dit, l’évêque d’Anvers a laissé parler son cœur et ses propos n’ont rien de circonstanciels par rapport à une éventuelle promotion comme archevêque : "Je me sens très bien à Anvers. Je laisse ouverte cette option mais je préférerais parachever mon travail ici à Anvers"