Bien que l'Exécutif des musulmans de Belgique soit sous le coup d'une enquête judiciaire, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open Vld) a libéré une somme de 280.000 euros pour financer l'organisme, rapporte mercredi De Tijd. Début mai, des enquêteurs se sont encore rendus à l'Exécutif des musulmans. Ce n'était pas la première fois que des perquisitions étaient menées au sein de l'organisme, chargé de représenter la communauté musulmane depuis 1999. En 2007 déjà, une première enquête judiciaire avait été ouverte pour des malversations dans la comptabilité et la facturation.

Cette fois, la justice bruxelloise enquête pour déterminer si des irrégularités entachent ou non la composition de l'Exécutif des musulmans. Depuis le 13 janvier, une nouvelle équipe est au travail. Mais les membres qui ont été écartés ont déposé plainte pour faux en écriture.

Malgré l'enquête en cours, Mme Turtelboom a décidé d'affecter 280.000 euros à l'Exécutif contesté. "C'est un montant minimum absolu pour l'ensemble de l'année 2012", a indiqué la porte-parole de la ministre. Cette somme est destinée uniquement à subvenir aux dépenses les plus nécessaires, comme le paiement des imams et des frais de téléphone, de déplacement et de location de l'Exécutif des musulmans, a-t-elle précisé. "La Constitution ne permet pas à la ministre d'interférer dans le fonctionnement de l'Exécutif", a-t-elle ajouté. L'islam est le deuxième plus grand culte religieux en Belgique. Son organe représentatif, l'Exécutif des musulmans, connaît des conflits internes depuis 2008, selon De Tijd. Celui-ci est notamment relatif à l'influence d'ambassades étrangères dans le fonctionnement de l'organisme. Mais il y a également désaccord entre les différentes communautés musulmanes.