C'est toujours - et ce sera comme cela jusqu'à la fin de sa mission - dans une très grande discrétion qu'Herman Van Rompuy (CD & V) l'explorateur désigné par le Roi pour dénouer la crise politique, a poursuivi ses contacts avec les hommes et les femmes politiques.

Il y a eu, cependant, une indication intéressante dans les contacts qu'il a eus, vendredi. En effet, après avoir reçu l'ex-formateur, Yves Leterme, puis les présidents du CD & V et de la N-VA (mais séparément), ceux de l'Open VLD, et du CDH, Herman Van Rompuy, avant de conclure avec le président du MR, Didier Reynders, a reçu le secrétaire fédéral d'Ecolo, Jean-Michel Javaux.

Intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, comme plusieurs négociateurs francophones l'avaient déjà suggéré - mais en vain - à Yves Leterme, Herman Van Rompuy cherche dès à présent, les partis qui pourraient apporter, plus tard, leurs voix à une réforme de l'Etat qui nécessitera une majorité des deux tiers dont ne disposent pas, ensemble, les quatre partis de l'orange bleue (81 sièges sur 150). Il faut donc, au minimum, disposer de 100 voix pour atteindre cette majorité de même qu'une majorité dans chaque groupe linguistique pour les majorités qualifiées.

L'autre exigence des partis francophones (FDF et CDH en tous les cas), c'était que l'appoint soit fourni par des partis flamands ET francophones. Pas question donc pour les francophones d'accepter une réforme de l'Etat qui serait appuyée, de l'extérieur, par exemple, par les socialistes flamands (14 sièges) et la Liste de Jean-Marie Dedecker (5 sièges). Certes, le compte serait bon, mais déséquilibré.

Avec le groupe Ecolo-Groen ! (soit 12 voix, pour autant que le groupe vote d'une même voix), une partie du chemin sera faite. Mais on a pu lire (LLB du 29/8), les conditions restrictives posées par Jean-Michel Javaux. Et qui du côté flamand ? Le SP.A, par exemple, et ses 14 sièges. Mais le parti encore dirigé pour un mois par Johan Vande Lanotte, les avis semblent très divergents, pour l'instant.

Herman Van Rompuy cherchera peut-être aussi à voir dans quelle mesure le PS francophone pourrait être disponible. Là aussi, le message est plutôt "Non, sauf si" (voir l'interview de Laurette Onkelinx page suivante) plutôt que le "oui mais" délivré il y a huit jours par Philippe Moureaux. Peut-être aussi que les partenaires de l'orange bleue, le MR en particulier, n'ont pas très envie que cette réforme soit soutenue par le PS, contrairement au CDH qui, lui, préférerait que les trois grandes familles politiques au complet, soient associées à cet éventuel nouveau pas institutionnel.

Reste encore à voir à quel moment, ces partis seraient réellement associés à la discussion : avant ou après la formation du gouvernement.

© La Libre Belgique 2007