Inédit

Les lecteurs de "La Libre" ont déjà eu l’occasion fin mai 2012 de découvrir le dynamisme de la Revue belge d’histoire contemporaine née de la fusion de la fusion de la publication éponyme et des Cahiers d’histoire du temps présent. Lors de sa présentation, les historiens qui en avaient la charge avaient annoncé qu’ils comptaient bien publier aussi de temps à autre une version anglaise de leurs travaux. On y est : voilà que vient de paraître le premier "Journal of Belgian History", soit le quatrième numéro de la revue totalement rédigé dans la langue de Shakespeare. On pourrait parler d’une belle prestation académique qui interpelle les spécialistes mais dans le cas présent, le nom et la qualité d’un des rédacteurs en chefs de la revue mais aussi ses motivations nous amène à en dire un peu plus

Bigre, avec Chantal Kesteloot et Nico Wouters, son troisième responsable n’est autre que Bruno De Wever, professeur à l’Université de Gand et par ailleurs le propre frère de Bart, le président de la N-VA qui ont certes une passion commune pour le passé mais pas les mêmes visions sur l’avenir notamment de ce pays

C’est évidemment en insistant sur cette parentèle que la démarche suivie par les historiens contemporanéistes prend tout son sel. C’est qu’en publiant en anglais, Bruno De Wever et ses amis veulent "toucher un public international" mais ils insistent aussi sur le fait que "le rôle européen de la Belgique dans l’histoire contemporaine est manifeste" . Mieux encore, les promoteurs de l’initiative se disent "convaincus que la diffusion de l’historiographie belge en dehors de nos frontières représente un intérêt capital"

Le numéro en langue anglaise comprend donc des articles sur la Guerre froide en Belgique, sur le Rwanda, la répartition géographique des diplômés de l’enseignement supérieur, la militarisation de la Belgique entre 1870 et 1914 et sur les publications historiques dans les universités flamandes. Et il comprend également la liste des recensions, les résumés des recherches doctorales et des contributions passionnantes sur les commémorations de la Première Guerre mondiale (Van Ypersele/De Schaepdrijver/Wouters) et sur l’historiographie de la Shoah (Saerens). Mais c’est surtout la rubrique "Current Issues in Belgian History" qui attire tous les regards car Bruno de Wever et Chantal Kesteloot y donnent un aperçu des recherches récentes sur ce que l’on pourrait appeler la désintégration de l’Etat belge mais l’historien flamand et sa consœur bruxelloise n’en sont pas pessimistes pour autant, faisant remarquer à partir d’une analyse serrée d’un grand nombre d’études dont "La Libre" s’est fait l’écho que notre histoire nationale est de nouveau une bonne source d’inspiration pour les chercheurs et c’est évidemment une bonne nouvelle pour l’historiographie

"Journal of Belgian History" est publié par le Ceges. Rens. : 02.556.92.11; jbh@cegesoma.be