Belgique Elle n'est jamais allée en Belgique. Elle n'a plus parlé couramment le français depuis quinze ans. Simona Dana, une infirmière roumaine de 37 ans, vient pourtant de signer un contrat à durée indéterminée avec l'un des hôpitaux bruxellois du réseau Iris sud. Son arrivée dans la capitale belge et européenne est imminente. Elle n'attend plus que le permis de travail.

«Que voulez-vous savoir?». Au premier abord, cette jeune femme serrée dans une jupe grise est anxieuse. Mais au fil du temps, elle se décontracte.

«Je suis un peu nerveuse», nous dit-elle dans le lobby d'un hôtel de Bucarest. «Je me demande pourquoi en Belgique, vous n'avez pas assez d'infirmières. Ce métier est passionnant!».

Simona est l'une des infirmières roumaines qui ont répondu à l'appel lancé par le réseau hospitalier public bruxellois (LLB du 29/04). Elle a réagi à une annonce parue en décembre dans «Viata Medicala» (La Vie Médicale). Le CV de cette infirmière expérimentée - qui a déjà travaillé trois ans au Royaume- Uni et a refusé un emploi aux Etats-Unis - a retenu l'attention des recruteurs belges. Après un entretien en janvier, elle a reçu le feu vert.

Qu'est-ce qui fait courir Simona? L'argent, bien sûr, car tous les jeunes Roumains rêvent d'aisance à l'occidentale. Sa trajectoire personnelle: elle est célibataire. Mais aussi, un idéal, celui de servir. Rendue athéiste par le régime de l'ex- dictateur communiste Ceaucescu, Simona s'est convertie au protestantisme à la mort de son père, quand elle avait 24 ans.

Simona est originaire de Pitesti, une ville à cent kilomètres de Bucarest qui doit sa renommée au fait que Renault y produit sa «Logan». Dernière d'une famille de trois filles, Simona a étudié quatre ans pour devenir infirmière. Elle a accumulé beaucoup d'expérience dans les cliniques de Bucarest, touchant à la pédiatrie, à la chirurgie, à la médecine générale. Elle fut même affectée à un service d'ambulances.

Mais son salaire de 200 euros par mois - si courant dans les services publics roumains - frôle la misère. Et Simona veut gagner de l'argent.

© La Libre Belgique 2006