Lieven Boeve, le directeur-général du réseau catholique en Flandre, a jeté un fameux pavé dans la mare avec son projet de l’école du dialogue (sous-entendu : avec d’autres courants religieux). Ce théologien de la KU Leuven a en effet imaginé avec son collègue Didier Pollefeyt d’ouvrir au propre comme au figuré des espaces dans l’enseignement libre pour mieux comprendre l’islam. Concrètement, cela pourrait aller de l’installation d’un espace de prière à côté de la chapelle à l’autorisation du voile en passant par des moments de réflexion commune avec les élèves de différentes confessions. Mais pas question d’introduire un cours de religion islamique ! Objectif : renforcer l’identité de l’enseignement catholique tout en reconnaissant celle de croyants d’autres horizons.

"Les évêques complices"

Si l’idée a suscité l’ironie de Bart De Wever, elle déchaîne une frange de catholiques quasi traditionalistes regroupés sous la bannière de Pro Familia - à ne pas confondre avec Pro Vita, qui se bat contre l’IVG. Le mouvement s’en prend régulièrement aux évêques flamands "parce qu’ils ne seraient plus catholiques que de nom". Si l’ouverture de Mgr Bonny aux homosexuels lors des synodes sur la famille leur a paru inadmissible, ils s’en sont aussi pris à Mgr De Kesel, jugé trop progressiste. Cette fois, tous les évêques sont dans leur collimateur, accusés "d’ouvrir la bergerie catholique aux loups musulmans".

Ce samedi 25 juin, ils manifesteront à Bruxelles "contre la fausse tolérance et les mosquées dans nos écoles", "pour le Christ en tant que Professeur de l’humanité et de nos enfants". Et enfin pour "l’école catholique au service de Dieu et du pays"

Et cela dans les deux langues, car leur espoir est d’avoir aussi des relais du côté francophone.