L'Université de Liège (ULg) a procédé au lancement, jeudi, de l'Observatoire Hugo, première structure de recherche et d'enseignement au monde spécifiquement dédiée à l'étude des migrations environnementales. Cet événement s'inscrit dans le cadre de l'organisation de la conférence internationale Hugo, qui réunit en Cité ardente du 3 au 5 novembre près de 300 chercheurs et spécialistes internationaux autour de la thématique des migrants environnementaux. L'Observatoire Hugo, du nom du professeur Graeme Hugo (1946-2015), pionnier dans l'étude des migrations environnementales, est, selon l'ULg, une structure de recherche unique au monde dédiée spécifiquement à l'étude des changements environnementaux et des migrations.

"A l'Université de Liège, nous avions déjà un groupe de chercheurs qui travaillaient sur les migrations environnementales depuis environ cinq ans", explique François Gemenne, directeur de l'Observatoire Hugo. "A présent, l'idée était de valoriser ces recherches."

Ainsi, cet observatoire créé par l'ULg vise à réunir des chercheurs et des praticiens des sciences sociales et sciences de l'environnement, afin d'examiner les multiples liens qui relient les changements de l'environnement, de la migration et de déplacement, et de la politique.

"Avec l'Observatoire Hugo, notre volonté est de devenir un centre de recherche d'excellence sur les questions des migrations environnementales", précise François Gemenne. "Notre structure pérenne permettra une centralisation de la connaissance sur le sujet. Par le développement de nos études, nous souhaitons également permettre aux responsables politiques de comprendre tous les enjeux du phénomène."

A l'heure de son lancement, l'Observatoire Hugo, qui compte aussi développer des collaborations et des partenariats avec des organisations internationales et des universités étrangères, regroupe une équipe de huit chercheurs. Leurs salaires sont pour l'instant couverts par le FNRS (le Fonds national de la Recherche scientifique), des bourses extérieures ou des projets de recherche.

Pour démontrer l'impact des dégradations de l'environnement sur les migrations et déplacements dans le monde, l'ULg a rappelé que depuis 2008, les seules catastrophes naturelles ont déplacé en moyenne 26 millions de personnes chaque année, soit trois fois plus que les guerres et conflits.