La Belgique va tenter de remettre en cause la proposition de la Commission européenne sur le réforme du secteur sucrier, dont elle a dénoncé lundi la «brutalité », avant une première discussion des Vingt-cinq sur le sujet. «La position belge vise à la remise en cause de la proposition actuelle » tant au niveau des quotas que des prix, a indiqué le ministre wallon de l'Agriculture, Benoît Lutgen, lors d'une conférence de presse conjointe avec la ministre fédérale Sabine Laruelle et le ministre-président flamand Yves Leterme, compétent pour l'agriculture.

Le Wallon ne manque pas d'arguments pour défendre la production sucrière européenne face aux grandes importations des autres zones du monde.

«On nous dit qu'il faut réduire les gaz à effet de serre dans le cadre du protocole de Kyoto », affirme-t-il. Or, le transport de grandes quantités de sucre et de produits agricoles importés augmentent les émissions, selon le ministre, qui déplore «le manque de cohérence globale de l'Europe ».

La Commission européenne a proposé de réduire d'environ 35 pc le prix garanti du sucre et de baisser d'environ 2,8 millions de tonnes le quota de la production européenne.

La réforme s'inscrit dans le cadre du découplage entre le niveau de subsides et les quantités produites, déjà opéré pour de nombreux produits agricoles.

Elle vise à répondre aux pressions exercées au sein de l'OMC par les pays du sud, grands exportateurs agricoles, mais fâche les producteurs européens, confrontés à d'importantes pertes de revenus.

A l'instar de plusieurs autres pays, la Belgique ne s'oppose pas fondamentalement à la réforme, mais plaide pour un calendrier plus souple.

Les propositions ne doivent pas entrer en vigueur avant 2006, ont exigé lundi MM Leterme et Lutgen, qui se sont dits sur la même longueur d'onde.

La réforme doit en outre garantir un niveau de prix qui «rende possible une production économiquement responsable », a ajouté Mme Laruelle.

La Belgique a enfin plaidé pour la définition d'un cadre européen pour les biocarburants. La marché du bio-ethanol doit pouvoir être protégé contre les importations compétitives et bénéficier d'une fiscalité favorable, a déclaré M. Leterme.