Par les temps qui courent, entendez : à un moment où l’institution ecclésiale subit de plein fouet une nouvelle secousse liée aux récentes et incroyables déclarations de l’ex-évêque de Bruges, couronnant, si l’on ose dire, une année de révélations diverses sur des abus sexuels commis sur des mineurs par des dizaines de clercs, l’information a tout d’un rayon de soleil parvenant à percer une épaisse couche de nuages noirs pour la famille catholique belge : en ce week-end pascal, quelque 250 adultes entrent ou rentrent après de longues années d’indifférence, voire d’aversion, dans l’Eglise.

Ces derniers mois, sous l’impulsion notamment de certains milieux laïques pointus qui ne manquent pas d’utiliser ces données dans le cadre du débat sur le financement des cultes, l’on a appris que pas un diocèse n’échappait aux phénomènes de débaptisation, mais lesdits communiqués ne rapportaient pas pour autant que parallèlement et sans doute un peu paradoxalement, la même Eglise catholique voyait affluer un nombre certain de demandes de baptêmes, voire de confirmation ou de première communion de chrétiens nouveaux ou rentrants au bercail catholique. Cela se passera en fait ce week-end lors des veillées pascales aussi bien au nord qu’au sud du pays, apportant quelque baume au cœur des croyants meurtris par les affaires de pédophilie, même s’il faut aussi rappeler ici que la fréquentation dominicale n’a pas continué à baisser depuis un an.

L’hebdomadaire catholique nordiste "Tertio" a fait le point sur le phénomène des catéchumènes, et il est plutôt impressionnant vu le contexte et étant donné aussi qu’il s’agit dans la grande majorité des cas de démarches très personnelles : en cette nuit pascale de 2011, 152 catéchumènes recevront le baptême et seront confirmés dans la foulée avant de communier pour la première fois. Par ailleurs, nos confrères anversois ont aussi dénombré 95 adultes qui avaient certes été baptisés dans leur petite enfance mais n’avaient pas poursuivi leur cheminement de chrétiens.

Précision utile de "Tertio" : à tout le moins en Flandre, les diocèses ne sont pas étrangers au phénomène, ayant eux-même mobilisé l’opinion notamment par la voie du web, voire via les chaînes de télévision régionales. Ce fut le cas à la fois à Gand et à Anvers, mais le choix de rentrer dans l’Eglise ne va pas de soi dans le contexte actuel.

Constat chiffré : le phénomène est apparemmment plus développé en Belgique francophone. Ainsi, si Anvers accueille 12 catéchumènes et 13 recommençants, ils sont respectivement 2 et 1 à Gand, 1 et 4 à Hasselt et 5 catéchumènes dans le vicariat du Brabant flamand. Inversement, les données francophones impressionnent davantage : à Tournai, il y a 41 catéchumènes et 55 recommençants alors que dans le diocèse de Liège, ils sont 16 catéchumènes. A Namur, on compte 8 catéchumènes et 9 recommençants alors que le vicariat du Brabant wallon aligne 17 catéchumènes et 12 recommençants. Enfin, le vicariat de Bruxelles procédera au baptême de 47 catéchumènes.

Ces chiffres impressionnent d’autant plus qu’ils ne cessent de grimper depuis 2008. Précision : la plupart de ces catéchumènes sont d’origine étrangère. Ce sont des immigrés qui donnent un nouveau souffle à l’Eglise européenne, mais l’on nous fait quand même remarquer que les recommençants sont, eux, d’origines plus diverses. Avec notamment le constat que pas mal de jeunes Belges qui s’étaient détournés de l’Eglise demandent de recevoir le sacrement de confirmation.