La crise, dont on nous serine depuis un certain temps déjà, aurait-elle finalement quelques bons côtés ? Dans la mesure où elle engendre un surcroît de créativité et où elle rapproche les individus, notamment en les recentrant sur les valeurs familiales, il semblerait que la réponse soit oui, à lire les résultats du Baromètre des tendances 2010, réalisé auprès de 4 000 répondants, par La Maison des Tendances/Bexpertise, depuis 2005.

S’il fallait résumer l’enquête en question en trois mots d’ordre, ce serait : "Do it yourself"; "Do it together" et "Do it now". Ou encore "Faites-le vous-mêmes, ensemble et maintenant". Explications.

1. Do it yourself. Qu’il s’agisse de cuisiner, bricoler ou jardiner en cultivant ses légumes, le Belge a l’intention de se montrer, en 2010, plus créatif que jamais. Alors que 17 % des personnes interrogées fréquenteront moins souvent les restaurants l’an prochain, et près de 25 % moins les cafés, environ 25 % devraient plus souvent inviter leurs amis chez eux. Ainsi donc, non seulement ils seront plus nombreux à vouloir cuisiner chez eux, mais aussi à cultiver leurs fruits, légumes et autres herbes aromatiques au jardin (35 %). Valeur en hausse également, le bricolage pour les hommes (20 %) mais aussi pour les femmes (18 %). Enfin, pour contrer les effets de la crise, un Belge sur cinq devrait à l’avenir acheter plus souvent des produits de seconde main ou de stock, une tendance plus prononcée chez les Flamands (22 %) que chez les Wallons (18 %) ou les Bruxellois (15 %).

2. Do it together. Comme cela a été le cas lors des précédentes crises, celle-ci semble également rapprocher les individus. Si le Belge devrait délaisser les restos et cafés, ce sera au profit de retrouvailles en famille ou entre amis. C’est surtout à Bruxelles que la tendance à une baisse de la fréquentation des cafés devrait se faire sentir (38 %), tandis que 30 % des Wallons et seuls 15 % des Flamands ont l’intention de passer moins de temps devant le comptoir l’an prochain. En revanche, généreux, les répondants le seront avant tout en famille. Les jeunes surtout sont bien décidés à continuer à faire la fête plus que jamais. Autre dépense sur laquelle ils n’entendent pas lésiner, l’éducation des enfants pour un Belge sur cinq qui se dit prêt à investir davantage à ce niveau. S’il faut en revanche se serrer la ceinture, ce sont les bonnes œuvres qui en feront les frais. Près d’un quart des personnes interrogées (23,5 %) réduira ses dons en faveur des bonnes œuvres l’an prochain. En Wallonie, ils seront même 28 % dans ce cas. Semblable tendance à la baisse pour les bonnes intentions en matière de bénévolat : -15 %. Chez les Wallons (- 18 %), à Bruxelles (-16 %) et en Flandre (-13 %).

3. Do it now. Quant à repousser ses achats sous prétexte de crise, vous n’y pensez pas, dans certains domaines du moins. Exception faite des 36-50 ans et des Wallons, pas question par exemple de rogner sur les vacances, s’il faut en croire les réponses de ce Baromètre des tendances. Est-ce justement pour s’évader de la morosité ambiante, toujours est-il qu’un Belge sur cinq a même l’intention de voyager davantage l’an prochain. Et les cadeaux de fin d’année ? Là aussi, pour la plupart, on devrait se montrer tout aussi généreux que les années antérieures. Enfin, autre sujet qu’ils disent prioritaire ou en tout cas ne pas vouloir reporter à plus tard, la santé. Un sur trois exprime le désir de faire plus de sport l’an prochain; près de la moitié dit "renier la culture fast-food" et plus de 4 sur 10 voudraient connaître l’apport énergétique des produits qu’ils consomment. Que de bonnes résolutions !

Pour en savoir plus : www.maisondestendances.be ou www.bexpertise.be