Les 100 iPhones qui font grincer Ecolo...

La volonté de la Ville de Charleroi - pourtant sous la coupe d’un plan de gestion - d’acheter cent iPhones et leurs accessoires pour près de 70 000 euros, comme le révèle jeudi "Sudpresse", a fait réagir Ecolo qui compare cette dépense aux mauvaises conditions de travail des "simples" fonctionnaires.

Selon "Sudpresse", les bénéficiaires seraient les échevins, chefs de cabinet et hauts fonctionnaires, bien que les destinataires ne soient pas identifiés dans la commande passée à l’Intercommunale de mutualisation informatique et organisationnelle (IMIO). "Le collège communal carolo réserve pour lui-même comme pour la hiérarchie de l’administration un matériel clinquant, mais condamne les simples fonctionnaires à travailler dans de mauvaises conditions, parfois sans téléphone ou sans ordinateur", réagit, dans l’opposition, Luc Parmentier, conseiller communal Ecolo. "Le collège n’a pas encore demandé l’approbation du conseil pour l’achat des iPhones", poursuit Parmentier. L’option de passer commande auprès de l’IMIO est également sujette à caution selon lui, car elle occasionnerait des frais supplémentaires. Et le conseiller de faire un rapprochement avec la suppression des navettes pour enfants fréquentant les plaines de jeux durant les vacances de Pâques, qui a permis une économie de 30 000 euros.

... Magnette (PS) comprend les réactions

Le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette (PS) a, pour sa part, déclaré ne pas souhaiter "revenir sur le principe général de l’autonomie de l’administration communale dans la gestion quotidienne des services". Néanmoins, "tout en soutenant la volonté de moderniser le fonctionnement des services communaux, le bourgmestre comprend les réactions que peut susciter cet achat au moment où la ville est sous plan de gestion". Ce dernier a dès lors demandé au secrétaire communal d’"intensifier les examens d’opportunité en tenant compte du contexte budgétaire difficile que traverse la ville".

Dans les communes

Après Ath, c’est à Seneffe que l’administration communale se sépare d’agents, ainsi qu’au CPAS de Binche. Ailleurs, souvent, le non-remplacement de fonctionnaires locaux en départ naturel devient la règle. Et le phénomène n’est pas propre aux communes wallonnes : à Malines, la majorité du bourgmestre libéral reconduit, Bart Somers, ancien président du VLD, a décidé de supprimer jusque 116 emplois.

Tout début de législature locale induit ce qu’on appelle pudiquement des "ajustements". C’est que les veilles d’élections communales peuvent être propices à recruter Mais ici, ce sont des nébulosités annoncées de plus longue date qui paraissent s’amonceler dans les cieux municipaux. C’est la grande crise qui impose sa marque, avec quelque retard coutumier; c’est aussi l’impact de décisions prises ailleurs mais non financées par les décideurs qui prend du poids; c’est encore la réforme des pensions qui produit ses premiers effets.

un risque d’épidémie

C’est dire si on peut craindre des effets de contagion sur l’emploi public local. Et par-delà, sur l’ensemble des politiques communales. Au "Soir", Jacques Gobert, le président de l’Union des villes et communes de Wallonie, prévient, à l’heure des débats budgétaires : "Si les communes sont exsangues, les besoins primaires de la population ne seront plus rencontrés". Celui qui est aussi le bourgmestre (PS) de La Louvière ajoute : "N’oublions jamais que la commune est le premier pouvoir de proximité et que le citoyen fera les frais de toute baisse de la qualité du service".