Où en est-on dans la menace terroriste annoncée vendredi 21 décembre par les autorités judiciaires (Parquet fédéral) et politiques (le Centre de crise est gouvernemental et l'Ocam, ou Organe de coordination pour l'analyse de la menace, dépend des ministres de l'Intérieur et de la Justice) ?

Du côté attentat, c'est le calme plat - tant mieux. S'il y eut quelques fausses alertes, pas de colis piégé, pas de bombe et pas d'explosion au menu de Noël.

Réunion quotidienne

Du côté des mesures spéciales de sécurité, en revanche, rien n'est calme : "Je ne peux pas tout dire pour des raisons évidentes, mais croyez-moi : nous travaillons quotidiennement sur l'enquête, nous nous réunissons chaque jour et il n'est pas question pour l'instant de lever les mesures de sécurité avant la date annoncée du 2 janvier", nous indiquait mercredi la porte-parole du parquet fédéral, Lieve Pellens.

Ces mesures avaient été prises entre autres à la suite d'un supposé projet d'évasion du terroriste Nizar Trabelsi (LLB 22/12) et d'un éventuel projet d'attentat fomenté (ou non, comme ils l'ont affirmé en audition) par ceux qui discutaient de cette évasion. Elles touchent principalement la capitale - gares, stations de métro, lieux publics en vue, etc. - mais également l'aéroport de Zaventem ainsi que d'autres lieux publics singuliers. Et les policiers dédiés à cette surveillance spéciale poursuivent donc leur mission, même si la vague de perquisitions menées le même vendredi n'avait pas donné grand chose et que personne n'avait été placé sous mandat d'arrêt, ni même été inculpé.

"Si ces mesures sont maintenues malgré cela", répond encore Mme Pellens, "c'est que nous devons confirmer que la menace, telle qu'évaluée par le Centre de crise et par l'Ocam, reste à la même hauteur que précédemment." Pourquoi, eh bien, on a déjà dit qu'il n'est pas question d'en parler.

Malgré tout, il ne faut pas s'en tenir aux perquisitions et à ce strict groupe de 14 personnes pour comprendre.

Alerte américaine

Certes, parmi eux se trouve la veuve de l'un des assassins du commandant afghan Ahmed Shah Massoud, Malika El Aroud; de même que la compagne de Nizar Trabelsi, Naima; et de même encore que Samira, l'épouse d'Ahmed Temsamani, un détenu de droit commun qui fut le témoin du mariage religieux (à distance, lui en prison, elle dehors) de Trabelsi et Naima.

Mais il faut savoir aussi que la Belgique avait appris l'autre mercredi déjà (deux jours avant les "perquis") que les Américains allaient lancer une alerte visant à mettre leurs citoyens en garde. Ceux qui voyageraient à Bruxelles feraient bien de ne pas s'exposer dans les lieux publics qui, précisément, sont maintenant les objets de mesures spéciales... Vendredi, l'ambassade américaine relayait effectivement cet avis (LLB 22/12).

Bref, il semble que, quoi qu'il advienne, l'alerte sera maintenue inchangée au moins jusqu'au 2 janvier.