La Ligue des familles annonçait, dans son rapport d’août 2012, qu’une année scolaire coûte en moyenne 413 euros par enfant. On est donc loin de l’école gratuite. La Ligue a demandé aux parents leur avis à propos de ce chiffre en menant une vaste enquête d’opinion auprès d’environ 1 800 personnes en Wallonie et à Bruxelles. Elle en a publié les résultats mercredi.

Sans surprise, les frais scolaires sont considérés par une majorité des sondés comme excessifs. La Ligue des familles, qui a rencontré la ministre francophone de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet (CDH), mercredi, propose différentes pistes pour les réduire.

1Les fournitures scolaires. Six personnes interrogées sur dix trouvent les frais des fournitures scolaires excessifs. Des frais qui paraissent souvent flous pour les parents. En effet, seulement 5 % des personnes interrogées connaissent la législation concernant les frais obligatoires et à peine 20 % sont au courant qu’une telle législation existe.

Les règles sur les frais de scolarité précisent, notamment, qu’il est interdit aux écoles de facturer les journaux de classe et les manuels scolaires (sauf pour location) ou encore qu’il ne peut être demandé plus de 75 euros pour la facturation des photocopies.

"Ce manque de transparence permet des excès de la part de certaines écoles, qui n’hésitent pas à facturer certains frais, pourtant interdits par la loi, à leurs élèves", explique Delphine Chabbert, directrice de l’enquête. "Les facturations trop élevées ne sont cependant pas toujours liées à une mauvaise intention. En effet, la moitié des professeurs reconnaissent ne pas connaître les règles en matière de frais scolaires !" continue Mme Chabbert.

Pour pallier ce problème, une campagne d’information va être lancée par la ministre. Une circulaire est d’ailleurs prévue pour la rentrée prochaine, histoire de mieux informer les professeurs.

Un guide pratique est également prévu pour les parents. La ministre entend rendre obligatoire un décompte (justificatif des dépenses) mensuel ou trimestriel des frais, de quoi permettre plus de transparence. "C’est un progrès mais qui ne va pas encore assez loin", estime la directrice d’enquête. "Nous désirons une facture mensuelle plutôt qu’un décompte."

Plus de contrôles dans les écoles et une simplification des démarches en cas de plaintes sont également prévus.

2Les voyages scolaires. Pour 87 % des personnes sondées, les voyages scolaires sont nécessaires dans le programme pédagogique des écoles. Toutefois, deux tiers des parents estiment que les voyages scolaires sont trop chers. Certains voyages dépassent même les 1 000 euros. La Ligue des familles propose d’instaurer un plafond. Elle n’en fixe pas le montant mais propose qu’il soit discuté avec les acteurs concernés.

Ce plafond existe déjà en Flandre mais la proposition convainc peu la ministre, qui craint que ce plafond ne tue les initiatives de professeurs, restreints par un budget limite.

De plus, un plafond pourrait avoir un effet pervers : certaines écoles proposant des voyages moins chers pourraient être tentées de les facturer au prix plafond (un problème déjà rencontré avec le prix des photocopies, des écoles les facturant au prix maximum sans que cela soit nécessaire).

En revanche, la ministre semble favorable à étendre la règle concernant l’annulation des voyages qui ne rencontrent pas le succès. À l’heure actuelle, tout voyage de cinq jours ou plus doit compter au moins 90 % de participation des élèves. Si ce n’est pas le cas, l’école ne peut organiser son voyage.

La ministre serait favorable à étendre cette mesure au voyage d’un jour. "Une nouvelle fois, c’est un premier pas intéressant mais nous aimerions des mesures plus significatives sur le sujet", explique Delphine Chabbert.

3Le soutien scolaire. Une part importante du budget (pouvant parfois atteindre 650 euros annuellement) est souvent consacrée au soutien scolaire des élèves du secondaire. Un parent sur six y fait appel, le plus souvent suite à une demande du professeur. Selon deux tiers des parents, c’est à l’école de proposer des remédiations aux étudiants en difficulté et ce soutien devrait donc être gratuit. Pour la Ligue des familles, il serait nécessaire de repenser le système de rémédiation, en impliquant tous les acteurs de l’éducation.

Un avis partagé par la ministre qui considère également que le soutien scolaire est une fonction qui doit être remplie par l’école. Des formations seront proposées aux enseignants pour améliorer le travail d’équipe. En revanche, aucun budget supplémentaire n’est pour le moment prévu pour la réorganisation du système de soutien.

La Ligue des familles précise que la réduction des frais de scolarité n’est pas que l’affaire du gouvernement. Une bonne collaboration avec les pouvoirs locaux permet souvent aux écoles de mettre différentes solutions sur pied pour réduire la facture de leurs élèves.

Le MR se réjouit des différentes mesures mises en place par Marie-Dominique Simonet précisant l’importance de plus de clarté dans les frais scolaires.

Ar. M. (st.)