Belgique

Soixante-quatre voix pour. Dix contre et huit abstentions. La 14e session du Parlement jeunesse s’achève sous les applaudissements, par l’adoption à une large majorité d’une résolution sur la remise en cause du rôle de la croissance dans la politique économique.

Une résolution à laquelle s’ajoutent quatre décrets – portant sur la laïcité, le numerus clausus, les congés parentaux obligatoires et la politique pénitenciaire – et qui illustre une fois encore que lorsqu’ils s’essayent à la démocratie, les jeunes ne craignent aucun tabou.

Comme chaque année, une petite centaine de jeunes agés de 17 à 26 ans ont participé, durant une semaine, à cette simulation grandeur nature dans l’hémicycle du Parlement de la Communauté française. Une simulation à laquelle participaient plusieurs jeunes venus de l’étranger, et notamment du Québec, pays d’origine de cette opération, où le Parlement jeunesse vient de tenir sa 60e session anuelle.

La composition internationale de l’assemblée aura été cette année un important facteur de clivage, et notamment sur la question du port du voile lors des débats sur la laïcité. “La délégation québécoise, forte de l’expérience des accomodements raisonnables qui se pratique dans leur pays s’est heurtée au point de vue de nombreux autres participants”, explique Catherine Xhardez, ministre-présidente de Péjigonie, l’Etat fictif dans lequel se tient l’assemblée parlementaire. Au final, les députés ont d’ailleurs considérablement amendé le texte, adoptant un décret “neutralité” qui prévoit entre autres l’interdiction pour tout fonctionnaire d’exprimer ou manifester ses convictions philosophiques par un quelconque symbole ou signe s’y rapportant.

“Les débats ont été fort houleux, mais c’est chaque année une victoire pour nous que les députés dépassent leur timidité et participent pleinement aux débats”, poursuit la ministre-présidente. L’apprentissage de la démocratie est en effet le premier objectif défendu par l’ASBL Parlement jeunesse.

Outre les débats particulièrement passionnés, cette 14e édition aura aussi été marquée par une mini-polémique, initiée par la fédération des étudiants libéraux. Ceux-ci s’étonnaient mardi par voie de communiqué que le CA de l’ASBL soit interdit aux membres de section de jeune de parti politique et de mouvement de jeunesse politique reconnu en Communauté française. “Nous ne souhaitons pas être étiquetés politiquement, voilà pourquoi nos statuts prévoient cette incompatibilité”, précise Catherine Xhardez. “L’incompatibilité ne vise toutefois que les membres du CA, et pas du tout les participants au Parlement jeunesse, qui sont libres d’appartenir ou non à un parti politique.”

© La Libre Belgique 2010