ça bouge

Comme annoncé lundi matin, les députés PS Christian Dupont, Caroline Désir, Françoise Fassiaux-Looten et Olga Zhiren ont déposé une proposition de résolution au Parlement de la Communauté française visant la création d’un cours de citoyenneté et d’introduction à la philosophie dans l’enseignement obligatoire. Le groupe PS invite ainsi le gouvernement à "étudier la création d’un cours de citoyenneté et d’introduction à la philosophie centré sur le questionnement philosophique, doté de référentiels et de socles spécifiques".

Richard Miller (MR), fervent défenseur de la création d’un cours de philosophie et d’histoire culturelle des religions dans l’enseignement secondaire, n’a pas tardé à réagir, "se réjouissant de constater que le PS se rallie au combat qu’il (le MR) mène depuis dix ans dans les rangs de l’opposition".

Du côté de la ministre de l’Enseignement, "on se félicite de voir que le groupe PS rejoint les autres partis démocratiques sur la volonté d’avancer sur cette question tellement importante pour le vivre ensemble". Pour rappel, Marie-Dominique Simonet (CDH) porte le projet de mettre en place, dès l’enseignement fondamental, un "référentiel de compétences" pour chaque cours dit philosophique afin de préciser les savoir, savoir-faire et compétences visés par le cours; et d’organiser entre ces cours philosophiques, y compris le cours de morale non confessionnelle, des activités communes. Cette partie commune s’articule autour de trois axes : le questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel et l’éducation à une citoyenneté active.

Il y a peu, trois constitutionnalistes ont "remis en cause le caractère obligatoire et incontournable de la formule actuelle des cours dits philosophiques, rappelle le PS. Ils ont notamment démontré que le nombre d’heures qui y étaient consacrées pourrait être révisé à la baisse, sans modification de la Constitution".

Budgétairement neutre

Mais là où le PS se positionne pour la création d’un cours de philosophie, il plaide, dans le même temps, pour que l’organisation de ce nouveau cours reste "neutre budgétairement" Une revendication louable en ces temps de disette des finances communautaires, mais qui semble difficilement tenable. Et ce, même en réduisant le nombre d’heures des cours dits philosophiques.

Qu’adviendrait-il en effet des professeurs actuellement en charge des cours dits philosophiques, surtout ceux qui n’ont pas le titre de philosophe pour enseigner cette nouvelle matière, se demandent certains ? Et ce d’autant que le PS juge "essentiel" que "l’emploi des enseignants des actuels cours dits philosophiques soit garanti".

Avec cette proposition, le PS rejoint le Cedep (ou Centre d’étude et de défense de l’école publique) qui, il y a plusieurs mois, a revendiqué la suppression du caractère obligatoire des cours dits philosophiques et un renforcement de la formation citoyenne, dédiée à tous les élèves. Une prise de position forte qui n’a toutefois pas fait flancher la ministre et son projet de tronc commun