Deuil national pour la reine Fabiola. Et funérailles nationales ce vendredi

Depuis l’été, la reine Fabiola, qui ne s’était jamais vraiment remise de la broncho-pneunomie déclarée en 2009, vivait sous assistance respiratoire et son palais du Stuyvenberg avait été aménagé de sorte à pouvoir lui apporter, chez elle, les soins palliatifs, expliquent nos confrères de la DH.

L’abbé Benoît Lobet, son confident pendant quinze ans, la voyait toutes les semaines et il a témoigné hier, notamment sur RTL-TVi, dans un spécial Place Royale : "Jusqu’à ses derniers moments, elle est restée paisible, comme à son habitude. Elle n’a jamais rien perdu de sa lucidité. Elle était sereine. Elle voulait mourir tranquillement et rejoindre son mari."

Fabiola ne pouvait plus se déplacer. "Elle déplorait la dégradation de son état physique. Mais elle avait encore la force d’en plaisanter. Elle disait : "Je ne suis plus qu’une vieille croûte."

La reine catholique a reçu le sacrement de l’extrême-onction. Et ça ne date pas d’hier : "C’était en juin. Le rituel voulait que je la tutoie. Je n’en revenais pas."

Les funérailles auront lieu ce vendredi 12 décembre à 10 heures à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles. Comme pour la reine Élisabeth en 1965, ce seront des funérailles nationales. Le Premier ministre, Charles Michel, l’a confirmé à l’issue du Conseil des ministres, samedi vers 14 h. "Suite à la proposition de Sa Majesté le Roi, le Conseil des ministres a également décidé d’un deuil national à partir de ce samedi 6 décembre jusqu’au vendredi 12 inclus."

Les drapeaux seront en berne. Les communes peuvent ouvrir un registre de condoléances.

La dépouille de la reine Fabiola sera transférée, ce lundi, à la chapelle du château de Laeken. Le lendemain, elle sera conduite au Palais de Bruxelles où le public pourra lui rendre hommage ce mercredi de 13 à 17 h et ce jeudi 11 décembre de 9 à 17 h.

Il a aussi été annoncé que la reine avait légué son patrimoine privé à l’asbl Les Œuvres de la Reine qu’elle avait créée en faveur des personnes défavorisées de Belgique.

Timide ferveur populaire au Stuyvenberg

Des journalistes, beaucoup de journalistes, c’est tout ce qu’on pouvait apercevoir hier devant les grilles du château de Stuyvenberg. Devant l’entrée, seuls quelques timides bouquets ont été déposés. Les mots qui y sont attachés sont touchants : "Repose en paix, tu as bien mérité d’aller au ciel" d’un côté,"Tu resteras toujours dans nos mémoires comme une grande reine" de l’autre. La Reine Mathilde s’est quant à elle rendue au château dans la matinée. Mais côté populaire, l’émotion ne semble pas être au rendez-vous.

Arrive enfin une dame devant la porte. Emmitouflée dans un long manteau en fourrure, elle tient dans sa main un bouquet de fleurs blanches, symboles d’espoir. Elle se faufile entre les caméras et lâche simplement : "C’était une grande femme", avant de reprendre sa route. Et puis, plus rien, si ce n’est une camionnette aux vitres fumées qui sort de l’enceinte du château sans personne à son bord.

Devant le Palais Royal, dans le centre de la capitale, l’événement paraît avoir attiré un peu plus de monde. Sur le sol ont été déposés des bouquets, bien sûr, mais aussi des bougies et plus symboliquement, une pomme verte. "Je pense que ça doit être le symbole de la Belgique", tente un touriste français venu passer le week-end à Bruxelles.

En ce début d’après-midi, ce sont les flashs de ceux qui sont de passage qui crépitent. Carte de la ville en main, ils sont venus admirer le Palais et s’étonnent de voir un drapeau espagnol soigneusement accroché aux grilles. Quelques-uns savent ce qui s’est passé, d’autres pas du tout. Comme ces deux touristes japonais, visiblement amusés par ce petit mausolée improvisé en pleine rue.

Le décès de la reine Fabiola n’a pas suscité autant d’émotion que celui de son mari, Baudoin, il y a 21 ans. À l’époque, ils étaient nombreux à être venus témoigner leur tristesse dans les rues Bruxelles. Sa "chère femme", comme il aimait l’appeler, recevra un dernier hommage la semaine prochaine. Les funérailles sont prévues pour le vendredi 12 décembre.