Semaine après semaine, la commission interréseaux des inscriptions (Ciri) (1) progresse dans la tâche qui lui a été confiée de gérer la "bulle" des multi-inscriptions consécutives au décret mixité sociale. A ce jour, un millier d’élèves, à Bruxelles et dans le Brabant wallon, ne bénéficieraient toujours d’aucune pré-inscription dans aucune école - les inscriptions définitives ne pourront se faire qu’après l’obtention du certificat d’études de base (CEB, ou diplôme de primaire). Cependant, 750 places sont "libérables" puisque détenues par des élèves (500 ?) qui possèdent une voire plusieurs inscriptions en ordre utile, tout en se maintenant sur liste d’attente dans d’autres écoles. Théoriquement, cela porte donc le nombre d’élèves sans école à 250.

Pour réduire le nombre de ces "sans-école", deux courriers (l’un par chaque réseau, l’autre par la Ciri) ont été envoyés aux parents détenant de multiples inscriptions, afin de leur demander de se désister de l’une ou l’autre école. Avec un succès certain, mais insuffisant. Début de semaine prochaine, la Ciri rédigera un troisième courrier qui ne sera plus une invitation, mais bien une injonction, permise par le dernier décret Jamoulle (PS) - de Groote (CDH). Si les parents ne se désistent pas, la Ciri choisira la première école où l’élève arrive en ordre utile (suite aux tirages au sort).

Certains, à l’instar de Julie de Groote, auraient souhaité que la Ciri demande aux parents de classer selon leurs préférences les écoles où ils ont obtenu une inscription, et qu’elle procède aux désistements selon ce classement. Mais la Ciri n’activera pas ce point du décret. Trop compliqué. Trop risqué, juridiquement.

Le temps que les parents répondent (ou pas) au courrier, soit vers le 10 juin - donc après les élections mais avant le passage des épreuves du CEB (du 15 au 19 juin) -, la fichue bulle devrait donc subir une nouvelle cure d’amaigrissement.

On ne sera pas pour autant tiré d’affaire. Car même la disparition complète des "sans-école" ne signifierait pas que chaque parent a pu placer son enfant dans l’école qu’il souhaitait. On peut s’attendre à ce que nombre de parents tentent, à la rentrée, de retirer leur enfant d’une école pour le placer dans une autre qu’ils préfèrent. Une pratique autorisée, chaque année, jusqu’au 1er octobre, mais qui risque d’être plus répandue cette année. Les responsables des réseaux, libres comme officiels, craignent donc un mois de septembre mouvementé. D’autant que deux interrogations, essentielles pour les directeurs et préfets, subsistent concernant l’organisation de la rentrée. 1° L’absence non justifiée d’un élève à la rentrée scolaire implique-t-elle son désistement automatique ? 2° Le mécanisme complexe de gestion des listes d’attente (prioritaires, commune/hors commune) est-il maintenu au-delà du 1 er septembre ? Concrètement, si une place se libère dans une école et que le 43 e sur la liste d’attente se présente pour obtenir une place, doit-on attendre la réponse des 42 premiers avant de lui répondre favorablement ? Ou bien peut-on l’inscrire immédiatement ? La première option semble plus sûre juridiquement, mais serait très compliquée à mettre en œuvre. La seconde, plus sujette à recours, faciliterait la tâche des directions d’écoles. Jusqu’ici, le ministre Dupont (PS) n’a pu fournir de réponse claire à ces questions. La Ciri exige, sans plus tarder, l’envoi aux écoles d’une circulaire ministérielle sur ces points, afin que les directeurs sachent sur quel pied danser. Et les parents avec eux.

(1) Y sont représentés : l’administration, le cabinet du ministre et les réseaux. Les associations de parents y sont en tant qu’observateurs.