Le coût scolaire d'un enfant s'est élevé entre 1.000 et 8.000 euros pour l'année 2010-2011, tous niveaux confondus, ressort-il mercredi de l'étude annuelle publiée par la Ligue des familles. Les frais liés au matériel scolaire, aux voyages, aux repas, à la remédiation et aux études supérieures sont pointés du doigt. La Ligue, qui constate toujours la non-application du principe de gratuité, demande davantage de contrôles du décret sur les frais scolaires. La Ligue des familles a sondé 30 familles, soit 69 enfants, vivant en milieux urbain, périurbain et rural.

La moyenne du coût scolaire pour un enfant atteint 1.057 euros en maternelle (dont 168 euros en septembre), 2.152 en primaire (383 en septembre), 2.933 en secondaire (570 en septembre) et 7.928 en supérieur (1.819 en septembre). En ce qui concerne le matériel scolaire, la Ligue estime qu'on se situe très loin de la gratuité de l'école. Les frais varient fortement d'un établissement à l'autre. La Ligue a constaté des dysfonctionnements au sein des écoles concernant: l'information et la planification des frais demandés aux parents (74 pc ignorent si les dépenses demandées sont obligatoires ou facultatives); l'existence et l'utilisation de la caisse sociale, qui permet notamment d'aider les parents en difficultés financières (82 pc des parents ignorent son existence); et l'implication de l'enfant dans les transactions financières entre l'école et les parents. Sur l'avant-dernier point, la Ligue demande d'améliorer l'information et la gestion de cette caisse. Sur le dernier, elle prône la mise en place d'un mécanisme de paiement entre l'école et les parents afin de sortir l'enfant des transactions financières.

Globalement, la Ligue demande davantage de contrôles, voire la prise de sanctions, à l'égard des écoles qui ne respectent pas le décret de 2007 sur les frais scolaires. La Communauté française a en effet pris des dispositions pour limiter les coûts scolaires dans l'enseignement fondamental en précisant ce qui peut être réclamé, ce qui est facultatif et ce qui est interdit. Pour les frais scolaires, la Ligue réclame également le renforcement du rôle des directions d'école, la responsabilisation des enseignants et l'information aux parents.

La Ligue a aussi remarqué les coûts excessifs des voyages et autres activités culturelles et sportives. L'enquête montre que ces voyages coûtent, sur l'année, 58 euros en maternel, 137 en primaire et 367 en secondaire. La Ligue se pose en outre des questions sur le caractère pédagogique des voyages et dénonce le marketing de compétition entre les écoles et la pression sociale sur les parents. La Ligue plaide notamment pour l'introduction d'un plafond des dépenses.

Les frais pour la remédiation dispensée par l'école sont également dénoncés car elle représente la dépense la plus importante pour les parents qui y ont recours. L'étude révèle que le soutien scolaire représente 39 pc des dépenses scolaires pour un enfant en primaire, 51 pc en secondaire et 36 pc en supérieur. La Ligue regrette que les écoles poussent de plus en plus les parents à recourir à une remédiation payante. Elle estime en effet que le soutien est une mission de l'école et que cette dernière doit proposer un suivi gratuit et individualisé de l'enfant.

Pour les repas, l'étude démontre des pratiques très différentes et la Ligue regrette que les politiques de santé ne soient pas prises en considération, étant donné que l'obésité est devenu un enjeu majeur de santé publique, d'après l'association.

Le coût des études supérieures est également pointé du doigt. La Ligue demande le relèvement des plafonds d'accès aux bourses et des réductions de minerval, un étudiant sur cinq étant boursier et seulement un sur trente bénéficiant du minerval réduit. Enfin, la Ligue réclame la gratuité des transports pour les activités liées aux apprentissages et elle propose une refonte globale du système d'allocations familiales.