Voici comment on peut accueillir des réfugiés à domicile, de 3 à 9 jours maximum

Au parc Maximilien, où des centaines de candidats à l'asile venus de Syrie, d'Irak, d'Erythrée... attendent de voir leur demande enregistrée par l'Office des étrangers, la situation se détériore. Le nombre de "reçus" étant toujours limité à 250 par jour, les réfugiés doivent désormais passer près de 10 jours sur le camp avant de décrocher un rendez-vous. Les réfugiés pataugent dans la boue, les tentes ploient sous la pluie, les matelas s'imbibent d'eau.... Malgré les 300 places d'accueil ouvertes désormais 24h sur 24 dans l'immeuble WTC (complètement plein assure la Croix-Rouge), plus de 800 personnes vivent aujourd'hui sur le camp Maximilien. "C’est un drame humain qui se prépare : les conditions de vie se détériorent à mesure que la météo se dégrade, le temps d’attente s’allonge et le camp atteint le maximum de ses capacités. Une évacuation de force n’aura d’autre effet que de créer des tensions supplémentaires et de rejeter les réfugiés dans les rues." peut-on lire sur le facebook de la plateforme citoyenne.

Augmenter les enregistrements est la dernière chance des autorités de démontrer une volonté de gérer cette crise de façon humaine et adaptée.

Mercredi soir, la Plateforme citoyenne d'aide aux citoyens a donc décidé de passer la vitesse supérieure et d'actionner une nouvelle forme de solidarité. Elle lance donc un appel aux citoyens habitant dans la Région bruxelloise (pour des raisons pratiques) à se porter volontaires pour accueillir à domicile des personnes et/ou familles qui atendent leur enregistrement à l'Office des étrangers pour une durée de 3 à 9 jours maximum.

Cet accueil sera possible dès le samedi 19 septembre.

Les candidats sont invités à remplir un formulaire en ligne pour y communiquer leurs coordonnées précises (nom, adresse exacte, adresse e-mail, numéro de téléphone...) ainsi que des informations sur l'hébergement proposé (nombre de réfugiés qui peuvent être accueillis; douche/bain; nourriture; Wifi; possibilité de conduite à l'Office des étrangers le matin...

En fonction des besoins et de l'évolution de la situation, la Plateforme reprendra contact dans les jours qui suivent avec les citoyens qui se sont manifestés.

An.H.


De nouvelles places en pré-accueil en prévision

A court terme, de nouvelles places en pré-accueil pour les demandeurs d'asile devraient être créées, vraisemblablement dans le bâtiment WTC III, a indiqué le cabinet du secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken. Le bâtiment WTC III qui dispose de 300 places est actuellement complet. "Nous étudions actuellement plusieurs pistes comme l'ouverture d'un deuxième plateau au sein du WTC III et la création de places dans d'autres sites", souligne la porte-parole de Theo Francken. Dans le WTC III, 200 lits supplémentaires pourraient être installés mais une concertation avec les pompiers est nécessaire.


Anderlecht va donner un euro par spectateur pour les réfugiés

Les clubs de l'ECA (European Club Association) ont décidé, lors de leur assemblée générale qui s'est tenue le 8 septembre dernier, de venir en aide aux personnes dans le besoin à l'occasion de la première journée des compétitions européennes. C'est le FC Porto qui a eu l'idée de cette action génereuse intitulée 90 minutes for hope

Cette résolution a été signée par le président Roger Vanden Stock et le RSC Anderlecht donnera donc 1 euro par spectateur présent lors de la rencontre disputée à domicile face à l'AS Monaco. Le montant récolté sera alloué à (une ou) des organisations reconnues et expérimentées qui seront communiquées en temps utile par l'ECA.

La Gantoise qui joue la Ligue des Champions avait déjà annoncé mardi qu'elle souscrivait à cette action. "L'Europe fait actuellement face à sa plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre Mondiale. L'ECA et les clubs de football européens comprennent que leur travail va bien plus loin que celui de la simple réussite sportive. Les clubs doivent également s'engager sur le plan social et rendre à la société tout ce que celle-ci lui apporte. Ils ne peuvent donc pas fermer les yeux sur les événements qui se passent en ce moment en Europe", avait souligné l'ECA dans un communiqué.


La moitié des migrants ont besoin de soins psychologiques urgents

Traumatisés par la guerre et fragilisés par l'exil, la moitié des migrants ont besoin de soins psychologiques urgents, a alerté mercredi la Chambre allemande des psychothérapeutes (BPtK), déplorant une prise en charge quasi inexistante en Allemagne. Quelque 70% des demandeurs d'asile ont déjà été témoins de violences graves, la dépression frappe une personne sur deux et 40 à 50% des réfugiés souffrent de syndrome de stress post-traumatique, a expliqué la BPtK à la presse.

Selon ces chiffres, tirés d'études publiées par la Chambre des psychothérapeutes entre 2006 et 2010, avant l'afflux actuel de migrants, environ 40% des candidats à l'exil sont suicidaires ou ont déjà tenté de se suicider.

Le problème est d'autant plus urgent que l'Allemagne attend en 2015 entre 800.000 et un million de demandeurs d'asile dont un grand nombre de Syriens fuyant la guerre. En 2014, ils étaient un peu plus de 200.000.

La BPtK réclame dès lors le recrutement de thérapeutes et d'interprètes dans les centres de premier accueil, les besoins y étant au moins 20 fois supérieurs aux 3.000 à 4.000 migrants bénéficiant chaque année d'une thérapie. Parmi les principaux "désastres causés par l'homme" et éprouvés par les migrants, source majeure de traumatisme, figurent "les tirs d'armes à feu (...), les menaces de morts et simulacres d'exécution", la torture, les humiliations sexuelles et les viols, énumère la BPtK.

Quelque 40% des enfants ont subi des violences et 20% "ont vu des membres de leur famille être agressés", a précisé le psychiatre Dietrich Munz, patron de la Chambre des psychothérapeutes.

Fragilisés par leur éprouvant périple vers l'Europe occidentale, ces candidats à l'asile souffrent de symptômes variés, allant d'insomnies, de cauchemars et de claustrophobie aux "flashs" dans lesquels ils revivent les scènes violentes, détaille la BPtK.

Selon le docteur Munz, ces troubles doivent être pris en charge par une psychothérapie. S'ils deviennent chroniques, ils risquent de compromettre les efforts considérables que doivent déjà déployer les réfugiés pour apprendre une nouvelle langue et intégrer le marché du travail.


Pays-Bas: un centre pour 3.000 demandeurs d'asile installé d'urgence

Les Pays-Bas vont installer d'urgence près de la frontière allemande un centre temporaire pouvant accueillir 3.000 demandeurs d'asile, afin de répondre à l'afflux de migrants en Europe, a annoncé mercredi le maire de la ville concernée. La crise des migrants a jusqu'à présent relativement peu touché les Pays-Bas, en comparaison avec l'Autriche, la Hongrie ou l'Allemagne, mais les demandes d'asile ont "énormément augmenté", selon le gouvernement. "Ces gens ont quitté leur pays et viennent par ici, et bien il faut faire quelque chose", a déclaré Hubert Bruls le maire de Nimègue, une ville de l'est des Pays-Bas proche de l'Allemagne, lors d'une conférence de presse. "On peut parler pendant des jours de frontières et d'accueil, mais ces gens sont ici devant nos portes."

D'autres municipalités néerlandaises ont commencé à accueillir, ou accueilleront, des réfugiés, comme Amsterdam (1.500), Utrecht (500) ou Weert (1.000).

Le centre sera installé sur un terrain de camping. Quelque 5.000 militaires y établissent par exemple leur campement chaque année à l'occasion d'un important événement pédestre de quatre jours.

Les personnes admises au centre, qui sera le plus grand des Pays-Bas, seront des réfugiés dans l'attente d'une décision sur leur demande d'asile, une période estimée à quinze semaines.

Le centre, dont la date de mise en place n'a pas été déterminée, devra être démantelé au plus tard pour juin prochain, le terrain devant être utilisé pour l'événement pédestre ainsi que pour des Jeux paralympiques.