Pendant très longtemps, "italien" et "catholique" étaient pratiquement synonymes. C’était d’autant plus vrai que le Vatican était dominé par des prélats italiens, les papes en tête, et n’hésitait pas à intervenir plus qu’à son tour dans les affaires publiques.

Il y a peu, un quotidien de la Péninsule, proche de l’Eglise catholique, ne pouvait d’ailleurs cacher son désarroi lorsque, après avoir fait un savant calcul des effectifs du Saint-Siège, il était apparu que les non-Italiens étaient désormais majoritaires dans les hautes instances du Saint-Siège avec 50,1 % des responsables !

C’est dire si, en Italie, la séparation de l’Eglise et de l’Etat était et reste pour le moins ténue. D’où, aussi, la prégnance croissante de la laïcité désireuse de couper une fois pour toutes le cordon entre la place Saint-Pierre et le Quirinal.

C’est ce qui explique aussi le développement exponentiel des associations laïques et notamment de la fameuse UAAR, l’Union des athées et des agnostiques rationalistes, qui compte des milliers de sympathisants. Depuis une décennie, cette dernière ne ménage pas ses efforts mobilisant en permanence celles et ceux qui souhaitent une réelle coupure entre la décision politique et religieuse. Ainsi, le 25 octobre dernier, l’UAAR avait battu le rappel de ses troupes à l’occasion de la "Journée nationale de débaptisation".

Toutes proportions égales par ailleurs, l’Union dit engranger des résultats en matière de débaptisation.

De fait, comme l’a souligné Adele Orioli, une de ses responsables qui a cosigné un ouvrage intitulé "Sortir du troupeau", d’année en année, de plus en plus d’Italiens désirent prendre leurs distances avec l’Eglise catholique. Ainsi, si en 2007, le site Internet de l’UAAR a enregistré 17 000 téléchargements de formulaires de sortie de l’Eglise, ce nombre est monté à 21 000 l’an dernier et cette année, l’on a demandé 4 000 fois en moyenne par mois de pouvoir la quitter.

Des choix qui s’expliquent par la volonté de l’Eglise de continuer à peser envers et contre tout sur certaines lois mais aussi par plusieurs cas d’euthanasie demandés mais rejetés avec force puis condamnés par l’Eglise avec un coup de pouce du pouvoir politique. L’on se souvient ainsi de Pier Giorgio Welby, un catholique atteint de dystrophie musculaire qui après, avoir été libéré de ses souffrances, n’eut pas droit à des funérailles religieuses. Ou encore d’Eluana Englaro, une jeune femme qui était dans un état végétatif depuis 17 ans et pour laquelle l’Eglise se montra tout aussi intransigeante