Le groupe de travail mis sur pied lundi pour traiter de la question des jeunes Belges partis se battre en Syrie aux côtés de l'opposition au régime du président Bachar al-Assad a décidé d'ouvrir un point de contact centralisé, a annoncé la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet.

Cette "Task Force Syrie", qui s'est réunie pour la première fois au centre de crise gouvernemental à Bruxelles, doit notamment renforcer la coordination et l'efficacité entre les différents services de l'Etat pour lutter contre le radicalisme.

Dans un communiqué, Mme Milquet (cdH) a souligné que le départ de Belges vers la Syrie est "connu" et "suivi de près en Belgique", bien qu'il s'agisse d'un phénomène international touchant plusieurs pays européens.

La presse a chiffré à "50 à 80" le nombre de jeunes gens qui seraient ainsi partis combattre en Syrie. Un expert en terrorisme, Edwin De Bakker, soulignait encore lundi dans les colonnes du journal 'De Morgen' que la Belgique était proportionnellement à sa taille et à sa population "le numéro un" des pays en nombre de jeunes rebelles combattant aux côtés de l'opposition armée syrienne.

L'une des décisions prises lors de la réunion de lundi est la mise sur pied d'un "point de contact centralisé" (à l'adresse électronique syrie@ibz.fgov.be), destiné aux familles éventuellement concernées qui souhaitent obtenir de l'information, de l'aide ou donner des renseignements sur des cas particuliers. "Il y sera répondu immédiatement. Toute information ayant trait à un départ supposé ou annoncé vers la Syrie, communiquée par un citoyen, fera l'objet d'un traitement immédiat par les services qui en auront été avisés", souligne le texte.

La "Task Force", qui se réunira désormais toutes les semaines, vise à assurer une "coordination et une efficacité optimales" par l'échange permanent d'informations entre services, des décisions sur les mesures à prendre, au-delà de la mission des autorités judiciaires qui suivent de près certains dossiers et une répartition concrète des tâches à accomplir.

Il a en outre été demandé à chaque zone de police concernée de désigner une personne de référence pour coordonner les actions au niveau local, au travers des "Task Forces" locales existantes, pour le contact avec les familles (notamment recenser et traiter les nouveaux témoignages de familles et en assurer le suivi), l'implication du tissu associatif ou scolaire. Le rôle et les compétences de ces Task Forces ainsi que le lien entre les différents services sont décrits dans une note rédigée par la police fédérale et diffusée à l'ensemble des services.

L'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM) distribuera pour sa part une note explicative aux autorités locales concernées qui reprendra des informations sur la situation sur le terrain en Syrie. La Direction générale Sécurité et Prévention du SPF Intérieur distribuera enfin, dès cette semaine, une brochure, également à destination des autorités locales concernées, expliquant les différentes mesures visant à prévenir et encadrer la problématique, a précisé la ministre.

Les objectifs ne sont pas assez ambitieux, estime le député Denis Ducarme

Les objectifs de la Task Force Syrie mise sur pied pour traiter de la question des jeunes Belges partant se battre dans ce pays ne sont pas assez ambitieux, a estimé lundi le député MR Denis Ducarme, réclamant la pénalisation des engagements individuels. En plus du recutement déjà pénalisé par la loi de 1979, le gouvernement doit user de la possibilité qui lui est offerte par cette même loi d'interdire par arrêté royal les engagements individuels dans des conflits armés, souhaite le député libéral.

M. Ducarme estime que la Belgique doit agir de concert avec les Pays-Bas et la France, deux pays qui connaissent le même phénomène. Il se réjouit toutefois du suivi mis en place, notamment pour les familles, via la création de la task force.

Ce groupe de travail, qui s'est réuni pour la première fois lundi au centre de crise gouvernemental à Bruxelles, doit notamment renforcer la coordination et l'efficacité entre les différents services de l'Etat pour lutter contre le radicalisme. Il traite de la question des jeunes Belges partis se battre en Syrie aux côtés de l'opposition au régime du président Bachar al-Assad.