Procédure d’accord préalable pour les pays ayant été soumis à un embargo qui a pris fin moins de 12 ans avant l’introduction de la demande de licence. Retrait ou suspension de licence pour un pays jugé dangereux uniquement par les autorités wallonnes. Commission d’avis, etc. Voilà des ingrédients de la note d’orientation de l’exécutif wallon pour réformer la procédure des licences. A quel jeu joue-t-il en voulant complexifier davantage la procédure existante qui respecte le code de conduite européen ? Certes, il faut éviter de vendre du matériel militaire à des Etats voyous et des assassins de civils. Mais la procédure actuelle imposant un certificat d’utilisateur final est une avancée, aucune faille ne lui est encore reprochée, à ce jour. Sans modification profonde, un gros secteur (environ 10 000 emplois) va disparaître à petit feu. Or, son savoir-faire est reconnu par les USA, première puissance mondiale qui équipe ses forces spéciales d’armes de FN-Herstal. L’exécutif wallon fait cavalier seul et risque de mettre en place une sorte d’embargo wallon frappant seulement certains pays. Sa démarche entraînera la mise au ban des sociétés wallonnes qui seront boycottées par les donneurs d’ordre au profit de concurrents en Europe et ailleurs.

La Région doit écouter patrons et syndicats qui parlent d’une seule et même voix. Elle saisira ainsi l’occasion de renforcer un secteur capable de jouer un rôle de premier plan au sein d’une industrie européenne de la défense. La paix s’arrache aussi parfois avec les armes. Et il ne sert à rien de la construire sur un désert économique.

© La Libre Belgique 2010