Le gouvernement wallon veut pouvoir suivre la procédure pénale dans l’affaire des œufs contaminés.

La Wallonie, après le fédéral et la Flandre, va se constituer partie civile dans la saga des œufs contaminés au fipronil, un insecticide qui permet notamment d’éradiquer les poux rouges. Une note va passer ce jeudi, lors de la prochaine réunion des ministres du gouvernement wallon, pour lancer l’appel d’offres destiné à désigner un avocat.

Suivre la procédure pénale

Cette décision wallonne a été prise en partant du constat qu’une instruction est en cours et que, dans le cadre de cette procédure, une constitution de partie civile permettra à la Wallonie de suivre la procédure pénale. Et, le cas échéant, de faire valoir les dommages dont elle pourrait être victime.

Pour rappel, le fipronil est interdit dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire (mais autorisé pour le traitement des animaux de compagnie). Il s’agit d’une substance qui est notamment particulièrement toxique pour les abeilles. Actuellement, des enquêtes judiciaires en Belgique et aux Pays-Bas sont en cours à la suite de la découverte de traces de cet insecticide dans des œufs dans une quinzaine de pays européens. Aux Pays-Bas, deux dirigeants de l’entreprise Chickfriend, soupçonnée d’avoir appliqué le produit insecticide dans des élevages avicoles, ont été arrêtés et placés en détention. Une entreprise belge est également soupçonnée d’avoir commercialisé le fipronil en connaissance de cause. Certains des clients de cette société pourraient avoir participé à cette utilisation frauduleuse.

"Les éleveurs wallons sont les victimes"

"En Wallonie, nos éleveurs sont victimes d’une fraude. Ils n’ont pas été avertis de cet ajout non-conforme à la réglementation en place via l’utilisation du fipronil", relève la note soumise au gouvernement wallon conjointement par le ministre MR Pierre-Yves Jeholet (Economie) et les ministres CDH Carlo Di Antonio (Environnement) et René Collin (Agriculture).

En Belgique, 57 exploitations, représentant 86 poulaillers, ont été identifiées par l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) comme ayant utilisé les produits de l’entreprise néerlandaise suspectée, Chickfriend.