Quatre-vingts pour cent des Britanniques comptent un aïeul parmi les combattants de la Première Guerre mondiale. Comme chaque année, les "poppies", les coquelicots de papier ou en fer ont fleuri sur les revers des vestons et des tailleurs, en ce mois du souvenir. La mémoire de la Grande Guerre est plus que vivant même si, assez paradoxalement le 11 novembre n’est pas férié de ce côté du Channel. A neuf mois du coup d’envoi des commémorations du centenaire de 1914-1918, organisateurs de voyages et associations patriotiques de toutes origines préparent les pèlerinages sur le continent. Un lieu de rendez-vous essentiel pour cela est le World Travel Market, le plus grand salon des professionnels du tourisme en Europe qui déploie ses fastes, cette semaine, dans le quartier renaissant des Docklands.

The place to be pour les organismes officiels et les autorités publiques du tourisme. Le ministre wallon du Tourisme, Paul Furlan (PS), l’a bien compris en décidant de mettre le paquet au WTM 2013 avec Wallonie-Bruxelles Tourisme.

Tourisme mémoriel

En fait, tant 2014 que 2015 seront placés sous le signe du tourisme mémoriel. Les Wallons - et avec eux les Bruxellois - l’ont mis ensemble en exergue avec 13 opérateurs wallons et 8 bruxellois dans des stands voisins. Sans surprise, la Flandre qui était cette année un des partenaires spéciaux du WTM a fait cavalier seul, au propre et au figuré.

Pour le ministre wallon, c’est une erreur de ne pas s’être présentés ensemble aux 50 000 visiteurs professionnels du salon, puisque toutes les études le montrent : la marque "Belgique" cartonne contrairement à ses déclinaisons régionales. Pas question pour Paul Furlan de revenir en arrière sur l’évolution institutionnelle, mais dans des matières comme celle-ci l’union ferait encore la force… Qu’à cela ne tienne, par une présentation à la fois forte sur le contenu, mais aussi sympathiquement ludique, WBT ne se présente pas sans biscuits. Sur un plan strictement régional, le ministre Furlan agit aussi comme ministre des Pouvoirs locaux en soutenant des projets communaux de mise en valeur de "témoins" de la Grande Guerre, mais il a aussi sérieusement puisé dans son gousset pour soutenir les travaux de restauration d’une série de monuments commémoratifs. Avec, en point de mire, le bel objectif qu’au moins un monument des 262 communes wallonnes en bénéficie. Paul Furlan n’en restera pas là : dès août prochain, dans la perspective de Mons capitale culturelle en 2015, les Britanniques seront en nombre dans le chef-lieu du Hainaut. Mieux : il se confirme que le Premier ministre Cameron et un membre de la famille royale britannique seront au cimetière de Saint-Symphorien au lancement officiel des commémorations. Et il y a fort à parier qu’il y aura d’autres "gros bonnets" britanniques, en 2015, lorsque sera inauguré le Mons Memorial Museum que le bourgmestre faisant fonction Nicolas Martin a présenté avec beaucoup de fougue à Londres. Bigre, beaucoup de monde car tous les pays du Commonwealth viendront se souvenir dans nos contrées. Pour les responsables du Tourisme wallon et bruxellois, pas de problème de situer la place de l’ensemble de la Belgique dans la guerre, bien au-delà de la plaine de l’Yser. Et puisque l’an prochain sera aussi celui du septantième anniversaire de la bataille des Ardennes, Paul Furlan a déjà annoncé, là aussi, son soutien…

Un Routard sur Mons 2015

Et comme les dates de grands anniversaires s’entrechoquent, il s’agissait aussi de se positionner sur un autre (bi)centenaire important : celui des deux cents ans de la bataille de Waterloo. Ici, le WTM a eu un "scoop" : la présentation d’une toute nouvelle route Napoléon entre la frontière française (Hestrud) et "la morne plaine". Une manière d’allier la grande histoire et le patrimoine wallon au sens large qui feront l’objet aussi d’un guide Michelin particulier là où Mons 2015 fera l’objet, excusez du peu, d’un guide du Routard…