Belgique "Il manque à la Wallonie un projet identitaire et mobilisateur, un projet qui soutienne une conscience collective wallonne décomplexée", a déclaré aux journaux du groupe Sud Presse le ministre-président de la Région wallonne.

Cette initiative survient alors que Guy Verhofstadt a fustigé en février le débat sur l'identité nationale mené en France par Nicolas Sarkozy, estimant qu'il démontrait qu'il y avait "quelque chose de pourri en République française".

Alors qu'en France, le débat s'est transformé en une virulente polémique sur la place de l'islam et des immigrés dans la société, le socialiste Rudy Demotte écarte ce "risque" en Wallonie. "Notre identité ne se définit pas en diminuant les autres. Chez nous, le débat sur l'identité s'enrichit du débat sur les différences, c'est le contraire de la négation des différences", explique-t-il.

Le débat sur l'identité wallonne "ne se fera pas en opposition à d'autres communautés", assure toutefois Rudy Demotte.

Il propose que l'on ne parle plus, dans les textes officiels, de "Région wallonne" mais tout simplement de "Wallonie". Il va également demander à la population d'imaginer une devise pour la région.

L'identité wallonne n'a toutefois "ni le caractère chargé de symbolisme de l'identité flamande, ni le caractère hyper-patriotique et excessif que l'on rencontre en France", a expliqué le sociologue de l'université de Liège Marc Jacquemain. "On va sans doute s'apercevoir que les Wallons tiennent à leur région sans en faire un enjeu affectif très fort", ajoute le sociologue. "L'identité wallonne s'exprime sur un mode apaisé. Elle n'est pas du tout en concurrence avec le sentiment d'être belge", souligne encore M. Jacquemain.