Trois quarts de la population estiment que les énergies renouvelables peuvent à terme remplacer le nucléaire et choisiraient en priorité ce type d'énergie, révèle un sondage Ipsos commandé par Greenpeace. Les personnes interrogées qui ne souscrivent pas à cette affirmation font référence essentiellement à l'indisponibilité des énergies renouvelables et à leur coût.

Pour 57% des Belges, un accident nucléaire grave est possible et 71% s'inquiètent des conséquences graves pour la santé des générations futures. L'attitude des Belges face à la sortie du nucléaire n'en reste pas moins ambivalente. Si 39% se déclarent "partisans du nucléaire", moins de 2% de la population opteraient de manière inconditionnelle pour cette énergie...

En ce qui concerne la fermeture programmée en 2015 des trois premiers réacteurs, 40% y sont favorables et 37% opposés. Ce rapport semble s'inverser lorsqu'il s'agit des quatre réacteurs restants dont la fermeture est programmée entre 2022 et 2025 : 37% sont pour cette fermeture et 39% contre. Un sondé sur 4 ne se prononce pas sur ces questions. Compte tenu de la marge d'erreur de 3,1%, il est possible de conclure que la sortie du nucléaire rallie autant de partisans que d'opposants.

Environ 11% des sondés pensent que les renouvelables ne peuvent pas prendre le relais du nucléaire parce que cette énergie serait plus chère.

Le Forum nucléaire a tenté, il y a quelques mois, de démontrer que l'approvisionnement en électricité de la Belgique ne pouvait se faire sans l'énergie nucléaire.

Plusieurs décideurs politiques ont pris la balle au bond et ont prétendu qu'il existe une majorité parlementaire en faveur d'une révision de la loi belge sur la sortie du nucléaire, explique Greenpeace. C'est pourquoi l'organisation environnementale a commandé cette enquête auprès d'Ipsos afin de déterminer si la population ressentait cette énergie comme indispensable.

Mille Belges âgés de 15 à 64 ans ont donc été sondés. Parmi eux, autant d'hommes que de femmes, habitant aussi bien la ville que la campagne, 60% étant issus des classes sociales supérieures et 40% des classes inférieures. Les personnes sondées résident dans les trois régions 58% en Flandre, 32% en Wallonie et 10% à Bruxelles.