Un scout sans uniforme, c'est un peu un footballeur qui aurait oublié de chausser ses crampons les jours de matches ! Pour se défouler chaque week-end dans les bois ou partir à l'aventure des camps d'été, mieux vaut donc être équipé. Mais pas n'importe comment. Chez les scouts, on cultive l'unité vestimentaire, au risque d'être taxé par certains de discipline un peu trop... militaire.

Pull vert ou marine, chemise marine ou rouge, bermuda, foulard, chaussettes grises, casquette ou chapeau, insignes divers : l'attirail de base du scout n'a pas vraiment changé au fil des décennies. "Depuis une semaine, il y a une vraie razzia sur les uniformes ! J'ai l'impression que tout le monde veut être impeccable pour les festivités du 100e anniversaire", se réjouit Simone Vander Walle, gérante depuis vingt ans de "La Scouterie" de la rue de Dublin, à Ixelles. Parents et enfants sont notamment en quête de l'insigne créé pour l'anniversaire du mouvement. Certains en profitent aussi pour compléter leurs emplettes à l'approche des prochains camps.

Durant de nombreuses années, la Fédération des scouts de Belgique (ex-FSC) géra elle-même la vente des uniformes. L'expérience ne s'avéra pas très concluante... "En 2003, on a pris la décision de ne plus gérer les magasins de "La Scouterie" en direct car cela générait des pertes. On a préféré nous recentrer sur l'animation", explique Benoît De Waele, patron de la "Fédé". Le relais est alors repris par Abatex, déjà fournisseur du mouvement. La société se compose aujourd'hui d'un réseau de cinq "Scouterie" et de cinq partenaires exclusifs (souvent des magasins d'articles sportifs). "On invite nos membres à se fournir auprès de ses magasins, même s'il n'y a aucune obligation et que, selon les unités scoutes, le respect de l'uniforme est variable", indique M. De Waele. Mais lors de la vente de chaque article (chemise, foulard, insignes,...), la Fédération touche un pourcentage. Résultat : sur un budget de 3 millions d'euros, les Scouts génèrent un chiffre d'affaires de 50 000 € sur la vente d'articles de La Scouterie.

Les uniformes restent relativement imperméables aux nouvelles tendances vestimentaires. "La casquette et le chapeau sont en forte perte de vitesse, note toutefois Mme Vander Walle. Quant aux insignes, ils ont été récemment modifiés en s'inspirant de l'univers de la bande dessinée". Les prix des articles, eux, ne sont pas du goût de tout le monde... Certains parents les jugent même excessifs et tentent de se fournir auprès de vendeurs non officiels. Si on s'en tient au strict minimum (pull, bermuda et foulard), le budget s'élève à 59 euros. A quoi on pourra ajouter chapeau, ceinturon et autres insignes...

© La Libre Belgique 2007