L'administration du SPF Mobilité a demandé à plusieurs reprises de renforcer la sûreté des aéroports belges après l'attaque terroriste ratée du 21 août dans un train Thalys et les attentats de Paris, ce qu'a refusé le cabinet de la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR).

Une demande effectuée le 1er février a essuyé un refus du cabinet Galant, d'autres ont suivi ensuite, la dernière datant du 11 avril, et ont connu le même sort, indiquent les quotidiens L'Echo et De Tijd."Nous avons fait une demande visant à renforcer la cellule de crise Mobilité du SPF avec du personnel supplémentaire mais, pour l'instant, cette demande n'a pas été rencontrée, faute d'accord au gouvernement.

Il semble qu'elle ne rencontre pas les critères pour prétendre aux 400 millions" (dégagés par le fédéral pour lutter contre le terrorisme, ndlr), a affirmé à ce sujet la porte-parole de la ministre.


Des failles connues et dénoncées depuis longtemps, selon le PS

Les failles dans la sécurité de l'aéroport sont connues et dénoncées par le personnel depuis longtemps, a souligné mercredi le PS. "Toutes les failles sont connues et dénoncées depuis longtemps par les travailleurs. Il est évident que dans l'enveloppe de 400 millions d'euros (annoncée par le gouvernement pour renforcer la sécurité face à la menace terroriste), il fallait renforcer la sécurité de noeuds de communication comme l'aéroport. A un moment donné, on peut parler de négligence", a déclaré la députée Karine Lalieux.

La députée socialiste pointe du doigt un autre problème: le corps de sécurité de l'aéroport appartient à Brussels Airport Company et est engagé par lui.

"Il y a un conflit d'intérêts flagrant entre la sécurité et le commercial. Nous réclamons depuis longtemps que l'autorité récupère cette compétence pour que la sécurité soit une priorité et non le profit et la rapidité", a-t-elle ajouté.

Au mois de janvier, la possibilité d'un transfert des inspecteurs de sécurité vers la police fédérale a été évoqué. Le point fait l'objet d'une discussion technique.

Plusieurs questions sur la sécurité de l'aéroport sont inscrites à l'ordre du jour de la Commission de l'Infrastructure de la Chambre cet après-midi.


Le cdH dénonce de l'attentisme voire de la négligence

Le cdH a dénoncé jeudi l'attitude du gouvernement fédéral face à la sécurité des lieux de transport. Aux yeux des centristes, l'équipe Michel oscille entre attentisme et négligence. Après la tentative d'attentat dans le Thalys fin août 2015, un renforcement des mesures de sécurité avait été annoncé. La ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, avait affiché peu après sa volonté d'installer des dispositifs de contrôle, par exemple des portiques, dans les gares belges.

"Neuf mois plus tard, la ministre est allée voir ce qui se faisait à Paris et en Espagne mais ça n'a pas beaucoup bougé", constate la députée Vanessa Matz.

"Si ces informations sont avérées, c'est grave et ce n'est plus de l'attentisme mais de la négligence et cela devra faire partie du travail de la commission d'enquête. Cela confirme aussi que les moyens consacrés à la lutte contre le terrorisme sont insuffisants. L'exercice budgétaire qui vient de se terminer n'est pas de nature à nous rassurer", souligne Mme Matz.


Galant doit s'expliquer au parlement, demande Ecolo

Ecolo a demandé mercredi que la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, vienne s'expliquer au parlement. "Il apparaît aujourd'hui que les besoins exprimés en termes de sécurité par l'administration des transports et la police de l'aéroport ont été tout simplement ignorés et que la ministre Galant a fait preuve d'une négligence grave", a déclaré le député Gilles Vanden Burre.

"A-t-elle agi par légèreté ou, comme elle semble le sous-entendre, n'a-t-elle pas été prise au sérieux par son gouvernement? Qu'a fait la ministre durant tous ces mois depuis l'attentat de Paris? Les familles des victimes comme l'ensemble de la population belge méritent des réponses claires à ce sujet", a-t-il ajouté.