Un "possible retrait" de la liste du patrimoine de l'humanité de l'Unesco du carnaval d'Alost sera examiné en décembre, après la polémique suscitée par des chars dénoncés comme antisémites, a-t-on appris vendredi auprès de l'institution des Nations unies.

Le bureau du Comité du patrimoine immatériel a inscrit ce sujet à l'ordre du jour de la prochaine session du Comité, du 9 au 14 décembre prochains en Colombie, a-t-on précisé de même source. Le bureau condamne "toutes les formes de racisme, d'antisémitisme, d'islamophobie et de xénophobie" et prévoit que le Comité examinera le "possible retrait" du carnaval des listes de la Convention du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, selon l'Unesco. Cette décision, prise à l'unanimité par le bureau, fait suite à une demande du secrétariat de l'Unesco, qui avait déjà condamné en mars le carnaval d'Alost. "L'Unesco se devait d'être vigilante et ferme quant aux dérives d'un festival classé au Patrimoine de l'humanité et qui en bafoue les valeurs élémentaires. Ce n'est de plus pas la première fois que ces chars racistes et antisémites défilaient dans ce festival", a déclaré la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, citée dans un communiqué. Le carnaval, inscrit sur la liste du patrimoine en 2010, avait déjà fait l'objet d'une condamnation par l'Unesco en 2013 mais le retrait de la liste n'avait alors pas été étudié par le Comité de sauvegarde du patrimoine, organe intergouvernemental qui prend ses décisions de manière indépendante.