Pour pallier le manque de logements capables d’accueillir les demandeurs d’asile et les réfugiés qui affluent sur le territoire belge, André Antoine et deux autres députés CDH ont déposé une proposition de résolution au parlement wallon dans le but de créer des initiatives familiales d’accueil (IFA) dans les 262 communes wallonnes.

L’idée est simple. Elle vise à permettre aux familles wallonnes candidates à l’accueil de réfugiés de pouvoir le faire rapidement et en toute sécurité. "Les CPAS seraient chargés de mettre en commun l’offre et la demande et de donner un agrément aux familles d’accueil", explique le porte-parole d’André Antoine, président du parlement wallon. Pour ce dernier, la participation active à la vie d’une famille belge est un excellent moyen de s’intégrer dans la société d’accueil.

Une intervention journalière serait versée aux familles qui accueilleraient un ou plusieurs réfugiés. Cette intervention serait prise en charge par l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile et par le CPAS.

Par cette proposition de résolution, il s’agit surtout de demander au gouvernement wallon d’intervenir auprès du gouvernement fédéral afin que celui-ci garantisse la sécurité sociale et fiscale des familles accueillantes.

Sécurité fiscale

La proposition veut, en effet, éviter que ces initiatives familiales d’accueil (IFA) n’induisent "une modification du statut d’isolé vers celui de cohabitant dans le cadre de l’attribution d’un revenu de remplacement ou une majoration du revenu cadastral de l’habitation et du précompte immobilier", explique André Antoine.

Il est aussi nécessaire que les communes jouent le jeu en encourageant de telles initiatives qui seraient limitées dans le temps. Durant l’examen de la demande d’asile dans un premier cas de figure et à l’issue de la procédure lorsqu’elle se termine positivement pour le demandeur et que cette personne n’a pas encore trouvé un logement définitif.

André Antoine précise encore que cette manière d’agir permettrait de soulager les communes et les CPAS qui dans le cadre du plan de répartition mis en place par le fédéral, se voient dans l’obligation d’adopter une série de mesures en matière d’accueil. Des sanctions via des pénalités financières si elles ne rencontrent pas leurs obligations en matière d’accueil.


"Ils sont devenus de véritables amis"

Accueillir des migrants chez soi peut s’avérer être une merveilleuse expérience.

Sarah, son mari et ses deux enfants ont accueilli une famille de Syriens en novembre dernier. Dans l’attente d’un rendez-vous à l’Office des étrangers, ce couple et leurs deux enfants en bas âge n’avaient pas de logement en préaccueil. Ayant eu vent de leur situation, Sarah, qui vit à Bruxelles dans un appartement trois chambres, les a accueillis à bras ouverts durant cinq jours. Elle leur a proposé deux chambres, une pour les parents et une pour leurs enfants. "Mais au final, ils préféraient dormir en famille. Il faut dire que ces enfants de 4 ans et demi et de 3 ans étaient particulièrement marqués par le voyage."

En ce qui concerne la vie au sein de l’appartement, tout semble s’être passé pour le mieux. Sarah et son mari, qui ont étudié l’arabe à l’université, n’ont pas eu de difficultés à communiquer avec leurs hôtes et ceux-ci sont rapidement devenus "de véritables amis" . "Mon fils et le leur jouaient ensemble. Ils se partageaient tous les jouets sans même se comprendre , raconte la jeune mère . Ces valeurs d’ouverture, de partage et de tolérance, nous souhaitons les transmettre à notre fils. Quand on le prend avec nous dans les marches en faveur de l’accueil des réfugiés, il ne comprend pas bien. Cette expérience concrète vient donner du sens aux paroles que nous lui avons dites."De son côté, le couple trentenaire de Syriens s’occupait à merveille de la petite de Sarah, qui a à peine 3 mois. "Ils lui chantaient des berceuses en arabe."

Après avoir fait les courses, cuisiné et dîner tous ensemble, les deux couples se retrouvaient au salon, pour discuter. "Mais nous tenions à ce qu’ils gardent leur intimité. Et ils faisaient attention à la nôtre également."

Depuis, Sarah et les siens leur rendent régulièrement visite dans un centre d’accueil en Flandre. La famille syrienne a récemment été reconnue. Sarah aide ses amis dans leur recherche de logement.