C’est bel et bien un drame épouvantable qui s’est joué, jeudi, dans les bois de Boninne, dans le Namurois. Le parquet de Namur a confirmé, vendredi, que le corps de Wivine Marion, 42 ans, maman de 2 enfants, avait été retrouvé dans le coffre d’une voiture jetée dans la Sambre.

Cette dame, néonatologue au CHR de Namur et chargée de cours à la Haute École de la Province de Namur, mariée à un médecin du centre hospitalier, faisait, comme à son habitude, son jogging non loin de chez elle quand elle a été agressée par Xavier V., un trentenaire du coin.

La scène a eu un témoin, un agriculteur, qui y a assisté de loin. Il n’a pu intervenir mais a aussitôt appelé les secours.

L’auteur de l’agression aurait étranglé sa victime et porté son corps inanimé vers sa voiture. Il l’aurait placé dans son coffre avant de jeter son véhicule dans la Sambre, à hauteur de Ronet. Les policiers avaient repéré une première fois le véhicule suspect avant de perdre sa trace. Quand la voiture fut à nouveau repérée, elle finissait de couler dans la Sambre. Le conducteur, qui se trouvait encore à proximité, a été interpellé.

La protection civile et les pompiers ont pu sortir le véhicule de l’eau mais c’était pour retrouver le corps sans vie de Mme Marion dans le coffre.

Le suspect inculpé pour assassinat

Le suspect, Xavier V., a été inculpé pour assassinat et détention arbitraire vendredi en début de soirée, a indiqué le parquet namurois. Il dit ne se souvenir de rien. Il comparaîtra devant la chambre du conseil mardi.

En France, la décennie a été marquée par près d’une dizaine de meurtres de joggeuses. "Elles ont un profil de victime que l’on considère comme désirable sexuellement : souvent des femmes jeunes, qui prennent soin d’elle", avait expliqué, sur BFM TV, le criminologue Laurent Montet. Une joggeuse, concentrée sur sa foulée, constituerait une proie vulnérable pour un homme en embuscade.

Selon M. Montet, dans les meurtres de joggeuses, "il y a souvent une connotation sexuelle, même quand il n’y a pas de viol. Les tueurs sont dans la même tranche d’âge que leur victime, entre 25 et 40 ans". Certains agissent impulsivement, d’autres sont organisés, coutumiers du passage à l’acte, "qui jouissent autant de la préparation que du contrôle durant l’agression". Celui qui n’est pas habitué à tuer peut passer à l’acte sous le coup d’une pulsion, en prenant souvent des risques d’être vu.

© HI

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