Les représentants de la Flandre et des partis francophones de Belgique ont entamé mercredi de délicates négociations sur une réforme du système fédéral belge, soulignant leur importance pour l'avenir du pays mais réfutant qu'il s'agisse du "dialogue de la dernière chance".

"Il n'y a jamais de dernière chance, il faut toujours continuer", a déclaré à son arrivée au Palais des Académies de Bruxelles le socialiste francophone Philippe Moureaux, l'un des six délégués désignés par les quatre grands partis francophones.

A un journaliste qui lui demandait s'il pensait que la Belgique serait encore "ensemble dans six mois", M. Moureaux, un vétéran des négociations entre Flamands et francophones, a toutefois répondu d'un laconique "j'espère". "Nous venons avec un esprit ouvert. Il faut jeter des ponts entre les communautés", a assuré le socialiste flamand Frank Vandenbroucke.

Bien que les deux délégations assurent vouloir entamer les négociations sans tabous en partant d'une "page blanche", les positions des deux camps paraissent difficiles à concilier. Côté flamand, on veut obtenir, d'ici aux élections régionales de juin 2009, de nouveaux transferts de compétences vers les régions, la Flandre estimant qu'elle est mieux à même de gérer son économie que l'Etat fédéral.

Les francophones, s'ils ont accepté de s'engager dans cette discussion avec les partis flamands les plus modérés - un échec de ces pourparlers ne ferait qu'alimenter les mouvements nationalistes, selon les analystes -, ne sont pour autant pas prêts à tout céder.

"Tout n'est pas à vendre", a expliqué le centriste francophone André Antoine, dont le parti a rappelé à la veille du lancement du dialogue qu'il ne voulait pas que l'on touche à la sécurité sociale, ciment de la solidarité entre Flamands, Wallons et Bruxellois. "Nos concitoyens sont inquiets par la crise économique, financière. Il ne faut pas que s'ajoute une nouvelle crise institutionnelle. Il faut faire preuve de créativité", a souligné Marcel Cheron, le délégué du parti francophone Ecolo.

Le ministre président du gouvernement régional flamand, Kris Peeters, qui conduit la délégation néerlandophone, a dit aborder le dialogue - dans lequel il joue une grande partie de sa crédibilité en Flandre - dans un état d'esprit "positif" et croire en sa "réussite".