De source judiciaire, il apparaît que le parquet de Bruxelles a lancé une instruction judiciaire pour enquêter sur Alain Hubert, l’explorateur polaire chargé de mener les missions scientifiques belges en Antarctique.

Le procureur du Roi avait déjà initié une information judiciaire suite à la transmission d’un dossier à charge par le dirigeant de l’administration fédérale de la Politique scientifique, Philippe Mettens. Mais, désormais, le dossier a été mis à l’instruction. C’est le juge d’instruction Michel Claise, spécialisé à Bruxelles dans les dossiers financiers, qui a été désigné. Il mènera donc l’enquête à charge et à décharge en disposant de pouvoirs plus étendus que ce qui est permis dans une simple information judiciaire. En effet, la mise à l’instruction permet à la justice de mener des devoirs d’enquête tels que, notamment, des perquisitions.

Pour rappel, le fédéral reproche à l’explorateur Alain Hubert d’être le bénéficiaire de l’argent public servant à financer les campagnes à la station Princesse Elisabeth, située en Antarctique, tout en étant président de l’instance mixte privé-public par où transitent ces sommes importantes. Pour Philippe Mettens, Alain Hubert se trouve donc dans une situation de conflit d’intérêts et de prise illégale d’intérêts.

Quelle que soit l’issue de l’enquête judiciaire que va mener Michel Claise, la mise à l’instruction est un nouveau rebondissement dans une saga qui n’en manque pas…

Mettens, le "messager"

Ce jeudi, "La Libre" révélait qu’Alain Hubert allait déposer plainte avec constitution de partie civile contre Philippe Mettens pour dénonciation calomnieuse. Contacté hier à ce sujet, ce dernier se défend : "Je n’agis pas à titre personnel contre Alain Hubert, mais sur la base de l’article 29 du Code d’instruction criminelle et sur la demande du ministre Courard en charge de la politique scientifique, confie-t-il. Je dénonce donc des faits, pas des allégations et je crains qu’il soit un peu léger de la part d’Alain Hubert d’attaquer le messager plutôt que de répondre aux faits eux-mêmes. Cela présage d’une bien faible défense…"