Ce mardi matin, le guichet Asile de l'Office des Étrangers (OE) à Bruxelles, où sont déposées les demandes d'asile, a été temporairement fermé suite à l'agression d'un membre du personnel. Theo Francken l'a immédiatement annoncé sur Twitter.

23 personnes "vulnérables" (femmes, enfants, malades) avaient été acceptées lorsqu'une bousculade a eu lieu. Un responsable de sécurité, qui contrôle les identités à l'entrée a été frappé. Les portes du bâtiment ont immédiatement été fermées. L'agent de sécurité n'a pas dû être transféré à l'hôpital et ses blessures sont légères. La police a été appelée sur place pour rétablir le calme et le guichet a rouvert à 10h. 83 personnes ont finalement été enregistrées aujourd'hui. L'OE va demander une présence policière accrue pour maintenir l'ordre et la sécurité à partir de ce mercredi.

Sur décision du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, l'OE n'accepte plus que soixante demandes d'asile maximum par jour depuis jeudi. Une décision que plusieurs sources travaillant à l'Office admettent, off the record, ne pas comprendre. "Les gens commencent à comprendre qu'ils ne seront acceptés ni demain, ni le lendemain, ni le jour d'après... Evidemment, ça fait naître des tensions. Et ce n'est pas près de se calmer dans les jours qui viennent", confie un agent de l'OE.

Cette analyse est partagée par Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. "Theo Francken est en train de créer sciemment la situation qu'il dénonce aujourd'hui et c'est indécent. La tension auprès des demandeurs d'asile est palpable et ce qui est arrivé était prévisible. Depuis la limitation du nombre d'enregistrements, nous voyons des demandeurs d'asile partir à 5h de la porte d'Ulysse - le centre d'accueil géré par la Plateforme citoyenne à Haren - afin d'arriver les premiers à l'Office des Étrangers pour être sûrs d'être reçus, ce qui engendre forcément de la nervosité", indique Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Le centre d'accueil à Haren propose 350 lits. Hier, la Plateforme citoyenne a dû refusé 40 personnes, faute de place.

Pour rappel, le nombre de demandeurs d'asile est reparti à la hausse ces derniers mois mais les capacités d'accueil ont été diminuées par le secrétaire d'État N-VA au mois de mars, ce que dénonce depuis plusieurs jours de nombreuses associations ainsi que la Croix-Rouge. Celles-ci estiment que Theo Francken savait que le réseau d'accueil serait saturé à la fin de l'année, les organisations étant en charge dudit accueil l'ayant prévenu il y a plusieurs mois. 

Dans un autre tweet, M. Francken a rappelé que "les demandeurs d'asile viennent demander une protection internationale à la population belge" et que cela "commence par le RESPECT et cela n'inclut pas la distribution de coups aux fonctionnaires".