Mauvaise surprise, mardi, pour huit jeunes Belges qui ont été interpellés à la suite d'une vaste opération transfrontalière, à la demande d'un juge d'instruction français, M. Gay. En cause: la lutte, organisée au départ de Nanterre (région parisienne) contre un réseau de «hackers», des pirates informatiques.

Si l'affaire a pris de vastes proportions dans l'Hexagone, où rien moins que 46 suspects ont eux aussi été interpellés, son volet belge impressionne également. Parce que l'enquête initiale du juge d'instruction français avait permis d'identifier des contacts entre son principal suspect local et des internautes belges, le parquet fédéral belge a contacté les fournisseurs d'accès Internet pour identifier la trace des hackers présumés.

Ensuite, le Federal Computer Crime Unit (FCCU) de la police fédérale belge et les sections de lutte contre la criminalité informatique des cinq SJA concernés ont procédé à dix perquisitions, surtout à Charleroi, mais également dans les arrondissements de Bruxelles, Liège, Verviers et Nivelles, a précisé le parquet fédéral.

Huit d'entre elles ont donc débouché sur autant d'interpellations, trois ayant de surcroît permis de surprendre des pirates en flagrant délit. Tous sont jeunes: ils sont nés entre 1980 et 1987. Et tous sont suspectés d'appartenir à des «clubs» de piratage informatique dont la particularité est très «tendance» et suit l'orientation générale actuelle du «hacking».

Elle consiste certes à pirater les réseaux à haut débit des institutions, des universités ou des grosses sociétés, mais moins dans le but de nuire que dans celui de profiter de la puissance de stockage et de la rapidité de ces réseaux. En clair, il s'agit pour les pirates d'y «déposer» des fichiers lourds (musique, films, etc.), en verrouillant leur accès par des codes ensuite mis à la disposition d'autres internautes, parfois contre paiement.

De 1 à 3 ans de prison?

Ces hackers, qui ne se connaissent souvent que via des contacts sur le Net, se valorisent auprès des autres en apportant la preuve des piratages. «Ces jeunes considèrent sans doute cela comme un jeu, mais la législation en la matière a été durcie en 2000 et 2001. Si on considère qu'il y a eu infraction via un accès non autorisé, la peine peut être comprise entre 1 et 3 ans de prison», a précisé Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral. Voire 5 ans, s'il y a eu modification du fonctionnement du réseau ou but de nuire. Les huit jeunes interpellés en Belgique risquent donc peu d'être placés sous mandat d'arrêt. Mais d'être poursuivis, oui...

© La Libre Belgique 2005