A l'aube d'un changement de gouvernement, le service de Médiation du gouvernement fédéral pour l'aéroport national a remis récemment au ministre de la Mobilité cinq propositions concrètes pour un "aéroport durable", conciliant "l'équilibre entre l'environnement et l'économie". Elles devraient permettre, d'après lui, sans grand chambardement, d'obtenir une amélioration de la situation. Ce service a traité l'an dernier 94.374 dossiers émanant de 1.552 requérants. Cela représente une diminution de 28% du volume de plaintes par rapport à l'année 2017, et la première baisse significative observée depuis l'année 2012, ressort-il de son rapport 2018 présenté jeudi.

Toutefois, le nombre de plaignants a légèrement augmenté, passant de 1.507 en 2017 à 1.552 en 2018.

Selon le directeur du service de médiation, Philippe Touwaide, la diminution du volume annuel de requêtes s'explique plus que probablement par la politique pro-active et intense de communication sur tous les réseaux mis à la disposition de celui-ci. Une information préalable sur des travaux aux pistes, indisponibilité de pistes, conditions météorologiques particulières et annoncée avant la survenance des faits, permet de calmer les esprits en évitant les réactions démesurées voire déplacées.

Au total, outre le traitement des plaintes, le service de médiation fédéral pour l'aéroport a également contribué, dans ce contexte, à l'organisation de 39 rencontres avec les autorités communales et/ou leurs citoyens: 127 en Brabant flamand, 19 à Bruxelles et 3 en Brabant wallon. Deux mille citoyens y ont pris part.

Le Service de Médiation du gouvernement fédéral pour l'aéroport de Bruxelles National ne souhaite pas établir de classement des communes et/ou quartiers qui le contactent le plus.

Toutefois, il relève que, sans ordre hiérarchique, les zones de survol suivantes "posent manifestement un réel problème en termes de manquements au droit à un meilleur environnement": la périphérie nord (Diegem, Machelen, Haren, Strombeek-Bever, Grimbergen, Meise, Wemmel); la périphérie est (Woluwe-Saint-Pierre, Stockel, Kraainem, Wezembeek-Oppem, Sterrebeek, Tervuren, Vossem, Duisburg, Huldenberg) le "côté est" (Kortenberg, Steenokkerzeel, Erps-Kwerps, Herent, Leuven, Rotselaar, Bertem, Winksele, Haacht, Lubbeek, Wilsele, Tildonk), la Région bruxelloise (huit (parties de) communes); et le Brabant wallon (Waterloo, Braine L'Alleud, La Hulpe, Lasne).

Les propositions remises par les médiateurs au ministre François Bellot vont de la diminution du niveau de bruit admis des avions le jour et la nuit, comme d'autres aéroports l'ont fait, à des mesures concrètes pour limiter les évolutions d'avions gros porteurs entre 20h00 et 8h00 du matin en passant par la réactivation du fonds financier FANVA d'isolation et d'expropriation géré par BAC et désactivé depuis 2003. Le médiateur fédéral de l'aéroport propose également de poursuivre la construction complète du mur anti-bruit et d'un hall d'essai pour les réacteurs (promis depuis 1984); et de respecter toutes les décisions de justice non sujettes à Appel ainsi que toutes les lois et règlements.

Selon Philippe Touwaide, aucune décision de Justice existante n'est contradictoire avec une autre.

Les revendications prioritaires contenues dans les plaintes émises par les riverains portant quant à elles sur une application de la nuit environnementale européenne -pas d'avions entre 22h00 et 7H00 du matin; et sur une clarification des normes de vent et de l'usage des pistes. D'après M. Philippe Touwaide, sept changements de pistes sont intervenus durant le seul lundi de Pâques.

Les riverains demandent aussi de supprimer les bruyants Boeings 747 et de mieux gérer le trafic et les procédures des avions gros porteurs. Ils souhaitent un plafonnement et un contrôle du volume annuel de trafic de jour, ainsi qu'un cadastre objectif et détaillé du bruit et des communes survolées, quartier par quartier (avec les pointes de bruit, les niveaux de bruit, la fréquence des survols et le nombre de survols, de jour et de nuit).

Par ailleurs, le service de médiation a fait observer que le changement climatique avait des conséquences sur l'utilisation des pistes de l'aéroport. La fréquence de vents d'est est ainsi en augmentation sensible, ce qui influe sur l'utilisation des pistes.