Selon nos confrères de la "Dernière Heure", ce mardi soir, Philippe Blondin, directeur du Musée Juif de Belgique, a affirmé devant les journalistes, et aussi devant François Hollande en visite à Bruxelles, que la ministre Annemie Turtleboom avait confirmé l’arrestation d’un individu considéré comme "le suspect numéro 1" des trois meurtres perpétrés samedi dernier à la Place du Sablon.

Contacté, le porte-parole de la ministre a démenti. "Nous confirmons l'arrestation d'un suspect mais il n'est pas du tout sûr qu'il est lié à la tuerie".

D'après une source proche du dossier approchée par la "Dernière Heure", l'enquête s'est orientée sur l'analyse des caméras de vidéosurveillance et le profiling des personnes qui auraient le profil pour commettre un tel acte. Un homme a ainsi été interpellé dans la journée, mais il est "quasiment certain que ce n'est pas lui le tueur", précise la source.

De son côté, le parquet fédéral n’a pas voulu commenter l'affaire. Il confirme toutefois qu'une personne a été interpellée et qu'une conférence de presse pourrait suivre ou pas, selon l'avancement de l'interrogatoire.

Plus tôt dans la journée, VTM annonçait que la police avait placé un homme en garde à vue, ce que confirmait la DH quelques minutes plus tard, selon une source bien informée.

Un hommage sera rendu aux victimes le 2 juin à la Grande Synagogue de Bruxelles

Un hommage aux victimes de la fusillade mortelle perpétrée samedi au Musée juif de Belgique aura lieu lundi à 20h00 à la Grande Synagogue de l'Europe à Bruxelles, a indiqué mardi Philippe Markiewicz, président de la communauté israélite de la capitale. Le Grand Rabbin de Bruxelles Albert Guigui s'est quant à lui rendu durant l'après-midi sur le lieu où trois personnes ont perdu la vie et une autre a été grièvement blessée samedi. Le rabbin, qui avait déjà prié dimanche lors d'une veillée devant le musée, s'est dit encore très marqué par le drame. "Il s'agit d'une attaque contre toute la communauté juive et contre toutes les valeurs démocratiques", a-t-il déclaré.

"Je ne ressens que de la consternation et une grande tristesse face à un acte empli de tant de haine", a encore dit M. Guigui. "Une attaque contre un musée, qui est le gardien de notre histoire, de notre mémoire et de notre culture, ce n'est pas seulement une attaque contre la communauté juive de Bruxelles ou de Belgique, mais bien contre l'entièreté de la communauté juive à travers le monde et contre toutes les valeurs démocratiques", a-t-il estimé. Pour le Grand Rabbin, il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un acte terroriste. "Pourquoi sinon un musée juif en aurait-il justement été la cible?", s'interroge-t-il. "Ce qu'il y a de dramatique, c'est que l'homme court toujours et qu'il peut frapper à nouveau à tout moment et n'importe où." Le Musée juif de Belgique n'était pas protégé avant la fusillade. "Le directeur ne le souhaitait pas", explique M. Guigui. "Le musée devait être ouvert à tout le monde. C'est pourquoi c'était l'une des seules institutions juives ouvertes le jour du sabbat. Il est très regrettable que nous soyons apparemment obligés de prévoir une protection à présent."

Le Musée juif de Belgique ne rouvrira pas dans les tous prochains jours

Le Musée juif de Belgique de Bruxelles ne rouvrira pas ses portes dans les prochains jours, a indiqué mardi sa porte-parole Chouna Lomponda. Cela ne sera le cas qu'une fois qu'un certain nombre de conditions, liées notamment au soutien psychologique et à l'accompagnement du personnel, seront remplies et que les autorités judiciaires auront donné leur accord. Deux des victimes, une sexagénaire qui est décédée et un homme de 25 ans qui se trouve toujours entre la vie et la mort, étaient des collaborateurs de l'institution. La direction du musée avait espéré pouvoir rouvrir les portes mardi mais cela ne sera pas le cas en raison de devoirs d'enquête que doit y mener le laboratoire de la police judiciaire fédérale.

La situation perdurera dans les prochains jours, a expliqué Chouna Lomponda. "Nous nous sommes réunis aujourd'hui avec le personnel dans un lieu tenu secret afin de discuter de ce que nous devons faire et de voir comment nous pouvons soutenir psychologiquement et accompagner nos travailleurs. Il a également été décidé que nous rouvrirons nos portes seulement si un soutien et un accompagnement sont prévus et si un certain nombre de conditions liées à la sécurité du personnel sont remplies."

Le musée devra en outre attendre l'autorisation des autorités judiciaires. Il ne rouvrira donc probablement pas ses portes avant le début de la semaine prochaine, estime sa porte-parole.

Elio Di Rupo et d'autres dirigeants européens ont rendu hommage aux victimes

Le Premier ministre Elio Di Rupo, le président français François Hollande, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et le président du Parlement européen Martin Schulz ont rendu hommage mardi devant le Musée juif de Belgique. Devant un parterre de gerbes de fleurs et de bougies déposées par des anonymes depuis samedi, les dirigeants se sont entretenus avec des représentants de la communauté juive et le directeur du musée, Philippe Blondin. La ministre de la Justice en affaires courantes Annemie Turtelboom était également présente.

Debout côte à côte, avant l'arrivée de M. Schulz, MM. Hollande, Renzi et Di Rupo, ont ensuite écouté en silence un rabbin psalmodier une brève prière.

Les quatre dirigeants sortaient d'une réunion du Parti socialiste européen (PSE), avant le sommet consacré aux suites à donner aux élections européennes, marquées par une poussée des europhobes et des extrêmes.

Avant eux, le Grand Rabbin de Bruxelles Albert Guigui et Riccardo Pacifici, qui est à la tête de la communauté juive de Rome, s'étaient également recueillis devant le musée.

Deux des victimes ont été inhumées à Tel-Aviv, en Israël

Des centaines de personnes ont participé mardi au cimetière Kiryat Shaul de Tel-Aviv aux funérailles d'Emmanuel et Miriam Riva, un couple d'Israéliens tués samedi dans l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles. On y a appris que l'homme avait été employé durant plusieurs années du ministère de la Sécurité intérieure et que le couple fêtait dans la capitale belge ses 18 ans de mariage. "Ce crime est la conséquence de l'augmentation de la haine antisémite en Europe", a déclaré le ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, en soulignant "la contribution importante du couple au service de l'Etat".

Un porte-parole du ministère a précisé que le mari, Emmanuel Riva, 54 ans, avait été employé de ce ministère "pendant plusieurs années".

Le couple de touristes israéliens séjournait à Bruxelles pour y célébrer ses 18 ans de mariage, ont rappelé des proches, assis au premier rang aux côtés de leurs deux filles, âgées de 15 et 16 ans. "C'est un jour de deuil pour nos deux pays que nous partageons", a déclaré l'ambassadeur de Belgique en Israël, John Cornet d'Elzius.

Dans la foule se trouvaient de très nombreux belgo-israéliens, ainsi qu'une délégation du Consistoire central de Belgique, venue pour les funérailles des deux victimes, dont les corps ont été rapatriés dans la nuit de lundi à mardi.