Ce vendredi midi, le pape Benoît XVI arrivera à l’aéroport Rafic Hariri de Beyrouth, première étape d’un court mais important séjour de trois jours au Liban. Important parce qu’il a souhaité placer cette visite sous le signe de la paix et les messages qu’il y délivrera s’adresseront au Moyen-Orient tout entier, y compris à la Syrie voisine. Ce déplacement est aussi essentiel parce que le Pape y manifestera le plus concrètement possible, c’est-à-dire par sa présence, sa solidarité avec les chrétiens d’Orient qui ne cessent de subir les assauts d’un islamisme agressif. Un geste d’autant plus fort que nombre de chrétiens déplorent le manque de réactions de la haute hiérarchie ecclésiale.

Dimanche à l’angélus, le Pape a clamé que le Moyen-Orient ne pouvait pas se résigner à la violence et à l’exaspération des tensions. Depuis son accession au pontificat, c’est le 24e voyage de Benoît XVI à l’étranger mais aussi le quatrième dans la région. Il s’était ainsi rendu en Turquie en 2006, en Terre Sainte en 2009 et, enfin, à Chypre en 2010.

Si elle sera donc éminemment politique, la visite du Pape s’inscrit aussi dans le redéploiement de l’Eglise catholique. Ainsi, son premier geste sera de signer l’Exhortation apostolique post-synodale "Ecclesia in Medio Oriente" qui est fait le bilan mais aussi les perspectives issues du Synode sur le Moyen-Orient qui s’était tenu en 2010 au Vatican. Une des principales demandes du document est le respect réel de la liberté religieuse qui doit être réciproque. Dans la foulée du Pape, le cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, a émis l’espoir sur Radio Vatican que "le voyage suscitera une vague d’amour et de paix". Et de souhaiter que "le Moyen-Orient en général et le Liban en particulier deviennent une terre de communion, de fraternité et de témoignage, pour les chrétiens comme pour les musulmans et pour toutes les religions" . Mais cela doit passer par "le respect des droits fondamentaux, à commencer par la liberté religieuse".

Mgr Leonardo Sandri a aussi demandé que l’on n’oublie pas l’héritage historique de cette région "car ce n’est qu’ainsi que ces pays pourront avoir un avenir". Et il a appelé à une réelle communion entre chrétiens de tous bords. "Les rencontres et les documents ne servent à rien sans le témoignage de vie des chrétiens. Les catholiques seront donc invités au témoignage, mais aussi à la communion, entre eux et avec les chrétiens des autres confessions. Ils seront aussi exhortés à la convivialité pacifique avec leurs frères musulmans."

Appelé à prendre la parole à sept reprises, le Pape devrait plus que jamais se profiler comme un homme de dialogue et de paix au nom de l’Evangile. Qui rappellera à ceux qui l’auraient oublié que le christianisme ne doit jamais être une source de violence, de haine ou de division. Si le Liban sera placé sous haute sécurité, du côté musulman, la venue du Pape suscite aussi des réactions positives. Ainsi le chef adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem s’en est félicité et a précisé que son mouvement participerait aux différentes réunions et réceptions. Il a aussi appelé tous les Libanais à recevoir le Pape afin de montrer l’unité religieuse de ce pays "loin de toute politique".