Le parquet fédéral va poursuivre 16 personnes pour leur rôle présumé dans la cellule terroriste de Verviers, démantelée mi-janvier 2015. Il s'agit de sept individus dont l'identité est déjà connue, et parmi lesquels quatre sont déjà détenus, ainsi que deux Belges, cinq Français, un Néerlandais parti combattre en Syrie et un Marocain. Trois suspects sont décédés et un non-lieu a été requis pour quatre autres, selon la réquisition finale du parquet fédéral dont Belga a pu prendre connaissance. La cellule terroriste de Verviers a été démantelée le 15 janvier dernier lors d'une opération d'envergure menée par le parquet et la police fédérale. Cette dernière avait perquisitionné une série d'habitations de Verviers, Molenbeek-Saint-Jean, Bruxelles, Berchem-Sainte-Agathe, Anderlecht et Liedekerke. Lors d'une des deux perquisitions effectuées à Verviers, deux suspects avaient ouvert le feu en direction des unités des forces spéciales, avant de décéder lors d'un assaut donné par la police.

Un troisième individu se trouvait dans la même habitation verviétoise. Il s'agissait de Marouane El Bali. Celui-ci, qui n'a pas pris part à la fusillade, a été interpellé et placé sous mandat d'arrêt dans la foulée. Ensuite, Mohamed Hamja Arshad Mamood Hajni, les frères Souhaib et Ismaël El Abdi, l'Algérien Omar Damache, Bilel Houhoud, Abdelmounaïm Haddad et Karim Ahalouch ont été arrêtés dans les jours et semaines qui ont suivi.

Bilel Houhoud, Abdelmounaïm Haddad, Ismaël El Abdi et Karim Ahalouch ont par la suite été libérés sous conditions tandis que le cerveau présumé de la cellule, Abdelhamid Abaaoud, demeurait introuvable.

La chambre du conseil doit se prononcer le 24 mars sur le renvoi de seize suspects vers le tribunal correctionnel.

Trois personnes sont accusées d'avoir planifié un attentat en Belgique. Il s'agit de Souhaib El Abdi (26 ans), Marouan El Bali (27 ans) et Mohamed Hamja Arshad Mamood Hajni (27 ans), qui sont actuellement en détention préventive. Marouane El Bali doit également comparaître, selon le parquet fédéral, pour tentative de meurtre sur des agents de police dans le cadre de la fusillade de Verviers. Il est soupçonné d'avoir fourni un soutien logistique à la cellule. Les trois doivent répondre de participation à un groupe terroriste, tout comme Omar Damache, un Algérien de 33 ans interpellé en Grèce.

Mohamed Hamja Arshad Mamood Hajni aurait loué l'appartement de Verviers et aurait également été chercher Soufiane Amghar et Khalid Ben Larbi en France et en Allemagne. Il a d'abord nié toute implication dans les faits avant d'affirmer qu'il a été mis sous pression par d'autres suspects pour participer aux opérations terroristes. Il est cependant également mouillé par Marouane El Bali. Selon la police judiciaire fédérale bruxelloise, El Bali a utilisé un numéro de téléphone placé sous écoute, mais celui-ci prétend qu'il avait prêté l'appareil en question à Mohamed Hamja Arshad Mamood Hajni.

Souhaib El Abdi a déclaré qu'il était actif dans le commerce de faux documents d'identité mais les enquêteurs ont constaté qu'il avait voyagé à deux reprises dans la ville d'Adana (Turquie). Ces séjours pourraient avoir été effectués afin d'entrer en contact avec des membres de l'organisation État islamique.

El Abdi, El Bali et Arshad Mamood Hajni sont considérés par le parquet fédéral comme les leaders du groupe terroriste, tout comme Omar Damache, l'Algérien de 33 ans arrêté en Grèce. Celui-ci était alors en possession d'un téléphone avec lequel Abaaoud a entretenu des contacts depuis la Grèce avec la cellule en Belgique. Omar Damache a toujours nié connaître Abaaoud ou d'autres membres de la cellule, mais l'enquête a établi que Abaaoud avait séjourné dans son appartement à Athènes. C'est également là qu'un ordinateur utilisé par le cerveau présumé des attentats de Paris a été retrouvé.

Douze autres suspects aurait également fait partie de ce groupe terroriste, dont cinq Belges (parmi lesquels Noureddine Abraïmi et Mohamed Darrazi, tous deux partis en Syrie), cinq Français (Mansour Niang, Mohammed Diallo, Walid Hammam, Karim Lakari en Wissem El Mokhtari), le Néerlandais parti combattre en Syrie Zaid Koulliss et le Marocain Abdelhafid Taghi.

Abdelhamid Abaaoud est décédé le 18 novmebre à la suite de l'assaut lancé par la police française dans un appartement de Saint-Denis. Pour lui, tout comme pour Khalid Ben Larbi et Sofiane Amghar également morts, les poursuites ont pris fin.

Un non-lieu a été requis pour quatre personnes parmi lesquelles figurent Billel Houhoud ainsi que le frère et la mère de Marouan El Bali.