Belgique

Alors que la parution du second volume de la Nouvelle Histoire de Belgique est imminente aux Editions Complexe, l'on a récemment porté sur les fonts baptismaux une «Histoire de Belgique» destinée aux plus jeunes ce dont atteste l'invitation à colorier les principaux événements rapportés.

L'initiative émane d'un duo féminin - l'historienne Sylvie Lausberg et l'illustratrice Joëlle Broen - qui, c'est le moins que l'on puisse écrire, n'hésite pas à bousculer quelques certitudes. Non point pour le plaisir de choquer mais pour nous rappeler que le débat est aussi très utile en Histoire. On n'en veut pour preuve les prises de positions récentes d'historiens mais aussi l'idée d'Alain Destexhe et d'Isabelle Durant de faire réfléchir la Haute assemblée sur le devoir de mémoire.

Des a priori bousculés

Que les auteurs puissent émerger comme de sensibilité plus républicaine que monarchiste, n'a au fond aucune importance; ce qui compte, c'est qu'elles nous forcent bigrement à remuer nos méninges sur notre passé. Plus scientifiquement que politiquement. Et elles bousculent utilement certains a priori. Notamment dans le débat actuel sur l'avenir de la Belgique et celui, non moins chaud, sur celui de la monarchie.

Il est certes loin le temps des «chromos» où l'on racontait à nos têtes blondes une version très lisse du passé qui faisait passer nos chefs de guerre pour de doux agneaux, mais cela manquait un peu dans la catégorie destinée aux plus jeunes.

Sur la monarchie aussi, Lausberg et Broen feront grincer certaines dents mais n'est-ce pas le moment, par exemple, de souligner qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'absence forcée (pour cause d'interdiction de retour au pays du roi Léopold III de la part du monde politique) aurait pu conduire à une vraie chienlit s'il n'y avait eu le régent Charles qui «tint le pot droit» ?

Astrid et Lilian à égalité

Pour d'aucuns, le fait de placer sur le même pied la reine Astrid et la princesse Lilian autour de Léopold III apparaîtra comme «le» crime inacceptable de lèse-Majesté, mais ce fut une réalité humaine qui nous rappelle qu'un Roi est aussi d'abord un homme...

Plus près de nous, enfin, l'évocation des règnes de Baudouin et d'Albert II n'élude aucun tabou. On ne peut qu'en féliciter les auteurs. Avec la seule réserve qu'un (bon) «pilotage» s'impose de la part des enseignants ou des parents. Mais on ne fera pas l'injure d'en douter...

«L'Histoire de Belgique». Les Editions de l'Arbre, 9,90 euros.

© La Libre Belgique 2006