Le Premier ministre belge Elio Di Rupo a rendu hommage mercredi aux soldats africains qui ont combattu durant les deux Guerres mondiales sous les drapeaux de leurs colonisateurs pour les aider à se "libérer de la tyrannie" en rappelant combien le sort de l'Europe et de l'Afrique étaient liés. L'Afrique et l'Europe ont une longue histoire commune. On ne peut pas défaire ce passé commun. Il en va de même pour notre avenir, a-t-il souligné lors d'un discours prononcé au début du dîner qui rassemblait à Bruxelles des dirigeants européens et africains participant au 4ème sommet UE-Afrique.

"Notre histoire a parfois été tragique, comme nous le rappelle le centenaire de la première Guerre mondiale. Avec le président (américain Barack) Obama, il y a quelques jours, nous avons salué la mémoire de tous ceux qui sont morts au combat", a affirmé M. Di Rupo, dans une allusion à la visite rendue au cimetière militaire américain de Flanders Field à Waregem, qui abrite des tombes de soldats américains morts en Belgique lors de la guerre 1914-1918.

"Les tragédies en Europe ont aussi eu des échos et des implications chez vous, en Afrique", a ajouté le Premier ministre en rendant un "hommage appuyé" à "tous les Africains qui ont combattu à nos côtés pour nous libérer de la tyrannie".

"Il y a eu, sur nos deux continents, les horreurs du génocide, de l'épuration ethnique. Je pense à la Shoah, évidemment. Et au génocide rwandais, il y a vingt ans. Je pense aussi à la guerre des Balkans et à ce qui se joue peut-être maintenant, dans le Sahel", a poursuivi M. Di Rupo.

"Nous devons tout faire pour prévenir et arrêter de telles barbaries. Cela passe par des mécanismes et structures de prévention et par une lutte sans relâche contre l'impunité. Cela passe par l'éducation, en particulier des jeunes générations, à la tolérance, à la non-discrimination, à l'ouverture à l'autre", a fait valoir le chef du gouvernement.

"Nous ne pouvons pas tolérer, où que ce soit, que certains soient privés de leurs droits et persécutés en raison de leurs origines, de leur orientation sexuelle, de leur religion ou de leurs convictions", a encore dit M. Di Rupo dans une allusion au fait que près de trois quarts des pays africains - à l'exception notable de l'Afrique du sud -, disposent de législations interdisant ou réprimant l'homosexualité.

Il également salué le fait que les Africains aient souvent montré le chemin de l'émancipation et de la justice sociale. "Oui, vous êtes les représentants d'un continent qui a lutté, et qui continue de lutter, pour l'émancipation", a lancé le Premier ministre belge en évoquant la décolonisation, depuis le début du 20ème siècle, jusqu'à la lutte exemplaire de l'ex-président sud-africain et prix Nobel de la paix Nelson Mandela, décécé le 5 décembre dernier.

"Nous devons poursuivre cette voie du courage. Il y a encore trop d'hommes et de femmes dans le monde qui doivent se battre pour leur dignité et leurs libertés. Trop de minorités sont méprisées, trop de droits sont déniés", a encore dit M. Di Rupo.