Des trois Te Deum chantés mercredi à l’occasion de la Fête nationale en présence de membres de la Famille royale, le plus original aura certainement été celui d’Arlon puisque le doyen Jean-Marie Jadot y avait invité, en présence du prince Laurent et de la princesse Claire, les représentants des grands cultes mais aussi de la laïcité organisée à prendre la parole sur le thème du bonheur. Dans une Belgique philosophique et religieuse parfois encore très frileuse sur le plan de l’ouverture, la démarche méritait d’être soulignée. D’autant plus qu’à la fin de la cérémonie le prince Laurent s’est joint au mouvement : "J’aimerais avoir ce pouvoir d’apporter le bonheur à tous ceux qui ont participé à cette messe aujourd’hui", a-t-il déclaré

Certes, les liturgistes rappelleront au fils cadet du Roi qu’un Te Deum n’est pas une messe mais bon, c’était sa manière de faire passer le message de sa famille aux citoyens du Luxembourg.

On ne sera pas étonné de lire que l’ambiance était autrement plus "stijf" à Bruxelles en présence du couple royal, de la reine Fabiola ainsi que des ducs de Brabant. Une question de solennité sans nul doute puisque c’est le rendez-vous de tous les corps du sommet de l’Etat et donc aussi du monde politique. Mais ici aussi une certaine ouverture avec la présence à l’autel des porte-parole du judaïsme, du protestantisme, de l’anglicanisme et de l’orthodoxie. Si le gouvernement fédéral était bien représenté, beaucoup de regards se sont tournés vers les nouveaux présidents d’assemblées. Danny Pieters ne se sentait visiblement pas encore à l’aise dans cet environnement, André Flahaut ne pouvait cacher son bonheur puisqu’il a salué tous ses collègues politiques, en ce compris Pieter De Crem.

Le premier Te Deum, national, hors de Namur donc de Mgr Léonard fut dans la ligne du nouveau "patron" de l’Eglise, très classique, fort latin mais invitant au recueillement même si le choix d’une version très moderne de l’action de grâces suscita des commentaires sarcastiques chez des officiels.

Qu’à cela ne tienne, après l’office, le couple royal et Philippe et Mathilde se sont attardés plus longtemps que de coutume avec le public. Et ce malgré une présence renforcée sur le terrain de la sécurité avec la présence de mallettes pare-balles.