Le mouvement socialiste francophone a rendu dimanche un hommage - quelque peu perturbé par des défenseurs de la cause des demandeurs d'asile afghans - à l'ancien président sud-africain et prix Nobel de la paix Nelson Mandela, en rappelant les liens qui l'unissent de longue date, déjà du temps de l'apartheid, avec son parti, le Congrès national africain (ANC, désormais au pouvoir).

La cérémonie s'est déroulée au centre culturel Jacques Franck de Saint-Gilles, en présence notamment du Premier ministre Elio Di Rupo, au moment-même où M. Mandela, décédé la semaine dernière à l'âge de 95 ans, était inhumé à Qunu, son village natal. "C'était une personnalité d'une dimension mondiale", a affirmé M. Di Rupo, qui s'était rendu mardi à Johannesburg en compagnie du roi Philippe notamment pour l'hommage que les dirigeants du monde entier ont rendu à cette icône de la démocratie. "Il a combattu cette horreur qu'était l'apartheid" et "peut-être sauvé des millions de vie" par son sens du compromis qui a conduit à la démocratisation de l'Afrique du sud en refusant la "vengeance" et la "rancune", a ajouté le chef du gouvernement devant un parterre de personnalités et de militants du PS et de la FGTB. "C'est notre famille politique qui a soutenu ce combat politique", a pour sa part lancé le président du PS, Paul Magnette, en récusant les critiques de "récupération" adressée au parti pour avoir accroché une banderole à l'effigie de Nelson Mandela sur la façade de son siège, boulevard de l'Empereur à Bruxelles. "Nous avons toujours été extrêmement présents" aux côtés de l'ANC, en le reconnaissant alors que le parti anti-apartheid était clandestin, a-t-il ajouté.

"L'ANC a trouvé chez nous réconfort et soutien" alors que des grandes puissances soutenaient le régime sud-africain blanc, a renchéri M. Di Rupo. "Seuls les progressistes clamaient leur indignation face à l'apartheid", a-t-il poursuivi en se souvenant de la période où il était étudiant et criait "Libérez Mandela".

Plusieurs militants historiques de la lutte pour l'émancipation des peuples africains, dont l'ancien sénateur socialiste Pierre Galand, actuel président du Centre d'Action laïque (CAL) et la cofondatrice et présidente du comité contre le colonialisme et l'apartheid, Paulette Pierson-Mathy, une professeur honoraire de droit international à l'ULB, ont pour leur part rappelé combien le PS avait été proche de la cause de l'ANC.

En guise de récompense, juste après la libération de Nelson Mandela, en 1990, l'ANC avait invité le président du PS, à l'époque Guy Spitaels, à prendre la parole comme unique représentant des socialistes européens à la conférence de Durban qui a été la première réunion majeure organisée par l'ANC dans l'Afrique du sud post-apartheid.

L'ANC a ensuite adhéré en 1999 à l'Internationale socialiste (IS).

Dans la salle, quelques sympathisants de la cause de demandeurs d'asile afghans ont interrompu dimanche midi les discours, demandant leur régularisation, alors qu'à l'extérieur quelques dizaines d'Afghans ont brièvement manifesté pacifiquement.

"Se cacher derrière (la secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration, Maggie) De Block, c'est hypocrite", a lancé un des troublions. Dans les rangs du PS, on a déploré ces interventions en rappelant que la politique d'asile n'était pas une compétence des socialistes. Depuis plus de trois mois, ce groupe d'Afghans mène des actions de protestation devant des cabinets ministériels et sièges de partis politiques pour faire entendre sa cause. Des actions ont notamment eu lieu la semaine dernière devant les sièges du sp.a, du MR et du CD&V.

Les Afghans demandent, entre autres, l'instauration d'un moratoire contre les expulsions en Afghanistan et un statut légal pour l'ensemble des réfugiés afghans déjà présents sur le territoire belge.

La diaspora africaine rend hommage à Nelson Mandela à la basilique de Koekelberg

Près de 150 personnes issues de la diaspora africaine de Bruxelles se sont réunies dimanche à la basilique de Koekelberg pour rendre hommage à l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, décédé le 5 décembre dernier à l'âge de 95 ans. La cérémonie s'est déroulée en présence de la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet.

La cérémonie a été rythmée par des gospels chantés par des choristes de différents pays africains, des moments de recueillement et de témoignages. La représentante de l'ambassadeur d'Afrique du Sud a ainsi exhorté le public à consacrer 67 minutes de son temps pour aider ses semblables et s'inspirer de l'héritage de Nelson Mandela. "Ces 67 minutes symboliques représentent les années que l'ancien président sud-africain a consacrées à son combat politique pour la démocratie et la paix", selon elle. La ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet a pour sa part souligné "la grandeur et l'exemplarité de l'oeuvre de Nelson Mandela". "Nelson Mandela a prouvé que l'assujettissement n'est pas une fatalité et que les principes d'une justice universelle valent la peine d'être soutenus. Il a également prôné l'éthique et la réconciliation et imposé ces valeurs à travers le pardon. Il reflétait les valeurs communes à l'échelle mondiale, de tolérance et de liberté attachées à la diversité culturelle, au respect des droits de l'homme et aux droits des peuples", a-t-elle conclu.