Le feu aux poudres. Charles Michel a mis le PS, et singulièrement sa vice-Première et ex-ministre de la Justice, dans une colère noire. Les propos incriminés, les voici, prononcés par le président du MR mardi matin sur les ondes de Bel RTL : les peines incompressibles réclamées depuis des années par le MR "auraient permis d’éviter que Michelle Martin, condamnée à 30 ans de prison, n’en fasse en fait que 16 ans" . Avant d’ajouter que "depuis de très nombreuses années, c’est le parti de M. Giet, la vice-Première Laurette Onkelinx notamment, ostensiblement, publiquement !, qui a combattu la mise en place des peines incompressibles" . Tollé, au boulevard de l’Empereur, et Laurette Onkelinx de répliquer violemment (lire ci contre). Contacté par "La Libre", le président du MR persiste et signe. Parle de "faits" et de "droit le plus strict du PS" . "Je suis un démocrate" , dit encore Charles Michel, "stupéfait" par la réaction socialiste. Dans un communiqué, le MR contre-attaque en égrainant la chronologie des propositions MR en matière de durcissement de la législation.

Les libéraux rappellent ainsi la pétition réclamant l’introduction des peines incompressibles et ayant recueilli quelque 2700 signatures, remise au Parlement en 1996. "Je suis écœuré parce qu’il y a des moments en politique où on peut changer les choses, tonne Charles Michel. Voilà plus de 15 ans que le MR propose d’instaurer des peines incompressibles. Si les peines incompressibles existaient en Belgique, Michelle Martin ne sortirait pas de prison aujourd’hui. Alors le PS peut appeler ça du populisme pour masquer sa responsabilité mais les faits sont là. Ils se sont opposés jusqu’ici au changement de la loi. Ils s’y sont opposés en 95 lorsque nous avons déposé notre texte avant l’affaire Dutroux, ils s’y sont opposés en 96 après la pétition de Jean-Pierre Malmendier, encore opposés en 2001, 2006, 2008, 2010 et même fin 2011 début 2012 en commission de la Justice à la Chambre, on nous a refusé la mise à l’ordre du jour de notre texte" .

Les libéraux se réjouissent donc de voir apparaître les peines de sûreté dans l’accord du gouvernement actuellement en exercice.