Après un week-end au cours duquel deux personnalités du Parti socialiste ont fortement critiqué le projet d'une Convention chargée de discuter d'une éventuelle réforme de l'Etat, le bureau du PS a précisé à nouveau lundi matin ses conditions de participation à cette Convention, traduisant sa méfiance envers celle-ci mais également sa volonté d'"être constructif".

Le bureau du PS a rédigé une note pour "recadrer la situation", selon son président Elio Di Rupo. Le PS confirme ainsi conditionner sa participation à la Convention à un geste de la part des partis néerlandophones (concernant BHV et les trois bourgmestres). Il répète aussi vouloir un positionnement clair des francophones contre toute régionalisation de la sécurité sociale et pour un élargissement de la Région bruxelloise.

Le PS, qui attend notamment comme geste de la part des partis néerlandophones qu'ils s'engagent à ne plus utiliser leur majorité numérique contre les francophones, reste méfiant envers la Convention. "C'est plutôt un prétexte, voire un moyen de sauver l'Orange bleue", estime Elio Di Rupo.

Les socialistes francophones disent vouloir toujours le dialogue et rester constructifs, mais ils refusent de "rentrer dans un jeu de dupes". "Au stade actuel, la Convention n'est pas en mesure de dégager des solutions durables pour le pays", constate le PS.

Vendredi, Laurette Onkelinx, chef de file de la probable future opposition socialiste au fédéral, avait indiqué qu'elle ne participerait pas aux travaux de cette Convention. Dimanche, le ministre-président wallon, Rudy Demotte, avait laissé peu de chances de réussite au projet, qu'il a qualifié de "bidule" en reprenant une expression déjà utilisée par Mme Onkelinx.