"Les jeunes sont des nouveaux puritains et cela n'a rien à voir avec le sexe avant le mariage". Cette affirmation sort de la bouche de Herman Konings, du bureau d'étude "Pocketmarketing/Nxt", qui apportait, dans le "Morgen" de mardi, son éclairage sur les résultats d'une étude révélant un "réveil éthique" des Belges de moins de 25 ans.

L'étude, réalisée en mai 2007 auprès de 1 882 Belges, par "Mediapoll" et "Fieldforce", montre que, de tous les Belges, ce sont les moins de 25 ans qui, après les plus de 65 ans, ont les normes sociales les plus fortes. Certains comportements tels que le fait de s'enivrer ou de ne pas mettre la ceinture de sécurité en voiture, sont décrits comme inacceptables par davantage de Belges de moins de 25 ans que par les trentenaires ou les quadragénaires.

Pour 6 des 13 situations sociales décrites, les moins de 25 ans se montrent même plus sévères que les plus de 65 ans : les discours racistes ; le non-respect de l'environnement ; les parents qui ne contiennent pas leurs enfants récalcitrants ; les parents qui n'incitent pas leurs enfants obèses à une vie saine ; les femmes enceintes qui fument ou boivent ; ne pas soigner son écriture.

Tendance européenne

"La génération d'après-guerre était permissive, mais l'on ne peut pas en dire autant des jeunes de moins de 25 ans : ce sont eux les nouveaux puritains", ajoute Herman Konings. Ce nouveau puritanisme serait du reste un phénomène européen : "On avait constaté auparavant la même tendance en Angleterre, aux Pays-Bas et dans le reste de l'Europe".

Une étude anglaise a, en effet, récemment établi que 39 pc des Européens se prononcent contre les bonbons à l'école, le chocolat dans les hôpitaux, les grosses voitures et les voyages en avion qui polluent. "Vous pouvez sans crainte qualifier un tiers de la population européenne de puritains", estime William Nelson, un des auteurs de l'enquête. Selon lui, le développement de ce nouveau puritanisme serait le fait des sciences. "Les arguments pour lesquels les nouveaux puritains défendent leurs valeurs, ils ne vont pas les chercher auprès du Pape, mais bien dans les sciences. Les diététiciens plaident pour l'interdiction des aliments peu nutritifs, les climatologues pour moins d'automobiles, les cardiologues pour plus de sport. Consommer et profiter sans réfléchir est de moins en moins bien considéré par une frange croissante de la population".